Cameroun : à dix ans, I Am 237 revendique 150 emplois stables et plaide pour la production locale
Le promoteur de la marque de prêt-à-porter a lancé au cours d’un dîner de presse, samedi 07 novembre 2026, au rooftop du Saint John's Plaza à Bonapriso (Douala 1er), la célébration des dix ans de la marque, dont la grande soirée est fixée au 28 novembre 2026. Arnaud de Wecapounet y a dressé un bilan chiffré, fixé un cap pour la décennie à venir et défendu le “Made in Cameroon ” face à la friperie.
« Les dix premières années ont servi à vérifier que le projet était viable. Maintenant, le travail commence réellement. » Devant les journalistes, blogueurs et créateurs de contenus conviés à ce dîner de presse, le fondateur d'I Am 237 a ouvert ainsi les festivités, placées sous le thème : “10 ans d'identité. 10 ans de fierté. 10 ans de création”. Une série d'activations et de rencontres doit se poursuivre pendant plusieurs mois.
Un bilan chiffré : emplois, boutiques et masse salariale
Selon le promoteur, l'entreprise compte environ 150 personnes en poste stable, et près de 300 en incluant les collaborateurs externes. Il affirme que son activité contribue à nourrir « pas moins de 10 000 familles » chaque mois. Il dit dépenser en moyenne 25 millions de FCFA par mois pour payer ses employés, sans accompagnement des pouvoirs publics.
La première boutique a ouvert à Bonapriso en 2020. La marque est aujourd'hui présente à Douala, Yaoundé et Bafoussam, ainsi qu'aux États-Unis et en Europe, mais pas encore en Asie.
Pour la décennie à venir, Arnaud de Wecapounet vise un objectif : « faire dix fois plus ». Il veut que la marque devienne « une véritable marque camerounaise internationale » et « un patrimoine national ». De nouveaux produits sont annoncés, comme des accessoires ou des sous-vêtements, sans calendrier précis : « Je ne peux pas dire précisément ce que nous produirons demain. »
Friperie contre production locale : « la facilité rend pauvre »
Le dirigeant pointe le poids de la friperie. D'après lui, environ 80 % de la population s'habille encore ainsi, et ce circuit absorberait près de 90 % des vêtements vendus au Cameroun. « Nous ne vendons pas autant que nous devrions vendre », constate-t-il. Les 10 % de Camerounais qui consomment local « permettent tout de même d'avancer ».
Il écarte l'argument du prix : la production locale n'est pas forcément chère, estime-t-il, et il lui faut « simplement de la volonté ». Il souhaite aussi que la couture ne soit plus considérée comme un « sous-métier ». Aux consommateurs, il adresse une mise en garde : « C'est la facilité qui rend pauvre. »
Pour toucher les clients qui jugent ses produits chers, l'entreprise annonce trois semaines de réductions dans ses showrooms, une caravane en ville et un match de gala opposant artistes et hommes de médias à ses équipes, avant la soirée de célébration.
Matières premières : l'appel à un accompagnement de l'État
Reste la question de l'amont de la filière. Le promoteur, qui dit avoir visité des usines en Turquie et en Chine, juge que la production de matières premières exige des investissements « gigantesques », hors de portée d'un acteur seul. « Je ne vois pas aujourd'hui comment produire les matières premières au Cameroun sans un accompagnement structurel », reconnaît-il. Son message aux autorités est sans détour : « Si les autorités ne soutiennent pas la production locale, nous risquons de rester sur place. »
Une conviction qu'il dit puiser dans son propre parcours. « Je viens moi-même de très loin. Quand je raconte mon histoire, certaines personnes ont du mal à y croire, mais je sais d'où je viens. » Un chemin qu'il offre en exemple, jusqu'aux « villages les plus reculés », à ceux qui seraient tentés d'abandonner leur rêve.






