Déchets plastiques au Cameroun : comment fonctionne concrètement une chaîne de recyclage à Douala
En prolongement de la conférence de presse organisée par la Focaco sur l’arrêté conjoint MINMIDT/MINEPDED du 08 décembre 2025 imposant 30% de PET recyclé local dès décembre 2026, une visite terrain organisée par la Fondation camerounaise des consommateurs (Focaco) a permis à la presse de suivre, ce vendredi dans la capitale économique, tout le circuit de collecte et de transformation du plastique chez Ecogreen, avant un détour par le site de fabrication de préformes de son partenaire Source du Pays.
L’on est à la Zone industrielle du Port de Douala-Bonabéri. La visite a débuté au secteur collecte et tri, où le directeur général administratif d’Ecogreen, directeur général administratif, Ali Chaabi, a expliqué que l’entreprise a accès aux déchets d’Hysacam. Le recyclage, bien qu’énergivore, reste nettement moins émetteur de gaz à effet de serre que la production à partir de matière vierge.
Sous la conduite du responsable Qhse, les journalistes ont ensuite parcouru le secteur stockage, où le tri se termine encore manuellement. Ont suivi les secteurs mélange, rinçage-lavage, puis remplissage, avant la zone de production, où une deuxième ligne est en cours d’installation. L’accent y est mis sur la solidification des bouteilles destinées aux jus, plus résistantes que celles réservées à l’eau minérale.
8 000 tonnes recyclées par an, capacité bientôt doublée
Lors des échanges dirigés par Alphonse Ayissi Abena, président exécutif de la Focaco, en salle de conférence du siège d’Ecogreen, le directeur général administratif d’Ecogreen, M. Chaabi, a précisé que la société, à capitaux camerounais, emploie majoritairement une main-d’œuvre locale. Elle collecte et recycle près de 8 000 tonnes de déchets par an, un volume appelé à doubler avec la mise en service de la deuxième ligne prévue d’ici décembre 2026. Il a rappelé que le PET est recyclable à l’infini et que l’entreprise respecte déjà le seuil de 30% de R-PET fixé par l’arrêté conjoint, avec l’ambition de le porter à 100%, comme le font certaines multinationales agroalimentaires.
Le dirigeant a toutefois pointé des difficultés persistantes avec certaines municipalités, qui revendiquent les déchets comme une ressource propre, alors que l’entreprise s’acquitte des taxes et rémunère les collecteurs.
Escale chez le partenaire producteur de préformes
À 12h05, la délégation s’est rendue sur le site de fabrication des préformes du partenaire d’Ecogreen, où 96 unités sortent des machines toutes les dix secondes, pour une production journalière avoisinant 600 000 préformes. Mais avant, un détour a également été effectué au laboratoire d’Ecogreen, clôturant cette immersion dans la filière camerounaise du recyclage plastique.
Alors que l’échéance du 1er décembre 2026 se rapproche, cette immersion à l’initiative de la Focaco donne un aperçu de ce qu’implique concrètement, pour les acteurs de la filière, la mise en conformité avec le nouveau cadre réglementaire — entre investissements industriels et défis persistants sur la collecte.






