Choléra, Ebola et mpox : à Douala, quatre pays du bassin du lac Tchad font front commun

Plus de 78 000 cas cumulés de choléra ont été recensés depuis janvier dans quatre pays voisins du bassin du lac Tchad. Le Cameroun en compte 3 103, dont 94 décès, au 30 octobre, avec une transmission toujours active dans le Nord et l'Extrême-Nord. À Douala, du 02 au 04 novembre 2026, leurs autorités sanitaires cherchent à coordonner leur riposte, avec la mpox et Ebola désormais à l'ordre du jour.

« Aucune épidémie dans le secteur de la santé ne peut être contenue par un seul pays. » Par ces mots, le ministre camerounais de la santé publique, Dr Manaouda Malachie, a donné le ton de la cérémonie d'ouverture de la réunion transfrontalière, ouverte lundi 02 novembre 2026 avec le Nigeria, la RCA et le Tchad.

Au 30 octobre 2026, le Nigeria a notifié 73 416 cas et 493 décès. Le Tchad en rapporte 1 431 et 60 décès, la RCA environ 784 cas et 46 décès. Au Cameroun, les 3 103 cas se concentrent dans l'Extrême-Nord et le Nord. Le ministre juge la situation « pas si alarmante » et affirme que les équipes de terrain « savent ce qu'il faut faire ».

L'ordre du jour s'élargit à la préparation face à la maladie à virus Bundibugyo Ebola, dont le nombre de cas dépasse 10 000 en RDC. Un cas importé a été confirmé au Nigeria, sans cas supplémentaire à ce jour. Pour la mpox, une nouvelle flambée est suivie au Cameroun depuis le 14 novembre 2025. Le ministre a toutefois rappelé que ces alertes ne sauraient justifier la stigmatisation des voyageurs ni la fermeture indiscriminée des frontières.

Le gouvernement attend de ces trois jours de travaux trois livrables : des points focaux opérationnels 24 heures sur 24, une feuille de route harmonisée de surveillance intégrée, et un plan d'action conjoint budgétisé, assorti d'échéances précises. Il s'agit aussi de partager les données en temps réel et d'acheminer les échantillons biologiques en sécurité à travers les frontières. « Il faut substituer à la culture du secret une culture de transparence, de confiance et de solidarité », a plaidé le ministre.

Le Plan national de contrôle du choléra 2026-2030, validé techniquement en septembre 2025, mise sur la coordination multisectorielle, la vaccination orale préventive et réactive, l'eau, l'hygiène et l'assainissement. À ses côtés, la Fédération internationale de la Croix-Rouge, qui héberge la Global Task Force on Cholera Control, veut soutenir les mécanismes régionaux. Son chef de délégation, Alberto Bocanegra, a salué la Croix-Rouge camerounaise et ses 105 000 volontaires. De son côté, l'OMS a appelé à faire de ces trois jours « un espace d'engagements mesurables ».

Les épidémies ne s'arrêtent pas aux frontières. À Douala, les quatre pays du bassin du lac Tchad tentent de faire en sorte que l'information, elle, les franchisse plus vite. Pas question de céder à la panique. Les frontières, elles, devront rester ouvertes, selon le message du ministre camerounais Manaouda Malachie.

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