Journalisme économique au Cameroun : Dilan Kenne Takem met l’intelligence artificielle générative au banc d’essai lors de sa soutenance de master
Dimanche 9 août 2026, la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Douala a accueilli la soutenance de Master 2 Recherche en Communication de Dilan Kenne Takem. Consacré au « journalisme économique face aux défis de l’intelligence artificielle générative au Cameroun », son mémoire interroge les transformations d’un métier confronté à l’essor de l’IA.
Devant un jury présidé par M. Simon Ngono, maître de conférences, avec Dr Thomas Mbarga Mekongo comme examinateur et Dr Jean Marie Tchatchouang comme rapporteur, Dilan Kenne Takem a présenté une recherche sur l’intégration de l’IA générative dans les pratiques des journalistes économiques camerounais.
L’intelligence artificielle transforme déjà la production et la diffusion de l’information. Ces outils peuvent notamment accompagner certaines tâches de recherche, de traitement et de rédaction. Mais leur adoption reste confrontée aux réalités camerounaises.
Potentiel et contraintes
Accès limité aux infrastructures numériques, coût de la connectivité, déficit de formation spécialisée et absence d’un cadre réglementaire adapté constituent plusieurs freins identifiés par l’étude. Le chercheur a privilégié une approche qualitative et inductive, fondée sur l’observation, un questionnaire et des entretiens.
Le terrain a réuni six journalistes économiques, un rédacteur en chef et des responsables du SNJC et du SPIC. L’objectif était de comprendre les pratiques, perceptions et obstacles liés à l’appropriation de l’IA.
Des résultats prudents
Les résultats confirment la faible intégration de l’IA générative dans les habitudes professionnelles étudiées. Sur les six journalistes interrogés, un seul déclare l’utiliser régulièrement, notamment pour la relecture stylistique, l’explication de concepts économiques complexes et la recherche d’angles journalistiques.
L’étude révèle différentes postures : certains professionnels adoptent une utilisation pragmatique et critique, tandis que d’autres expriment un scepticisme prudent ou un rejet. Les préoccupations portent sur les erreurs, la désinformation et la perte de contrôle éditorial.
Pour Dilan Kenne Takem, l’IA ne doit pas être pensée comme un substitut au journaliste. Elle peut constituer un outil d’appui, à condition que le professionnel conserve la maîtrise du processus éditorial et assure la vérification des informations.
Former pour accompagner la transition
Au terme de son travail, le chercheur recommande le développement de formations continues pour les journalistes économiques, l’élaboration de chartes déontologiques sur l’usage de l’IA et la construction d’un cadre réglementaire adapté au contexte national.
Il insiste sur des outils adaptés aux réalités camerounaises et africaines.
Une soutenance couronnée de succès
Cette recherche ouvre notamment des perspectives sur la réception des contenus assistés par l’IA et les modèles économiques des médias.
En obtenant 15,5/20, Dilan Kenne Takem achève ainsi son parcours de Master 2 sur une réflexion au cœur des mutations de la profession. L’avenir du journalisme économique camerounais ne se joue pas dans une opposition entre l’humain et la machine, mais dans une collaboration responsable, où l’intelligence artificielle reste au service de la qualité, de la crédibilité et de l’indépendance de l’information.






