Du Port de Kribi à AGL : le pari de l'IA du Camerounais Habib Mohammed Iya s’installe en Côte d’Ivoire 

Après trois ans à la tête de la Représentation du Port autonome de Kribi à Douala, Habib Iya prend les commandes de l'IA et de la Data chez Africa Global Logistics. Un parcours qui dit comment l'intelligence artificielle s'invite, concrètement, dans la logistique portuaire du continent.

Le 07 juillet 2023, au onzième étage de la Tour Cnps, à Bonanjo, le Port autonome de Kribi (PAK) inaugurait son bureau de Douala. À sa tête, Habib Mohammed Iya parlait alors d'un « centre d'information » pour les clients. Trois ans plus tard, c'est de données et d'automatisation qu'il est question.

Le chef de la Représentation d’alors ne s'est pas limité à l'accueil des usagers. Il a conduit PAKAZURE, un laboratoire où le port a éprouvé des outils numériques et des aides à la décision. À la clôture de la phase expérimentale, le 26 août 2026, le bilan faisait état de plus de 80 solutions testées, 223 scénarios d'automatisation, 56 outils de reporting et une communauté de plus de 50 utilisateurs réguliers. Un rapport a été remis au directeur général du PAK, Patrice Melom, avec des recommandations pour pérenniser ces acquis.

C'est ce bagage qu'Africa Global Logistics (AGL) est venue chercher. Habib Iya y occupe le poste de Head of IA & Data au sein de la filiale ivoirienne. Son périmètre couvre la stratégie d'intelligence artificielle, la gouvernance des données, la Business Intelligence et l'automatisation des processus. Le terrain est vaste : transit, manutention portuaire, transport, entreposage, autant de métiers qui produisent d'importants volumes de données d'exploitation.

Sur LinkedIn, deux mois après son arrivée, il confie avoir découvert un groupe à l'expertise impressionnante et un parc applicatif qui témoigne d'une vraie maturité digitale. L'IA, ajoute-t-il, évolue si vite que ce que l'on testait il y a six mois paraît parfois dépassé. L'enjeu, résume-t-il : « faire communiquer les systèmes, fiabiliser les données, transformer l'information en décisions utiles et mieux anticiper les besoins des métiers ».

L'IA n'entre pas dans les ports africains par la grande porte des discours, mais par des profils qui ont d'abord appris le port de l'intérieur. Habib Mohammed Iya en est l'illustration : rompu à la proximité commerciale à Douala, éprouvé sur la donnée à Kribi, il porte désormais ce savoir-faire camerounais sur un autre rivage de la logistique portuaire africaine.

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