Décentralisation au Cameroun : le Nmp dresse le bilan et brandit l'alternative panafricaniste
Le Nouveau mouvement populaire (Nmp) tient à Douala, les 07 et 08 novembre 2026, les Assises de l’alternative panafricaniste pour la décentralisation au Cameroun (2Apdc). Son président national, Banda Kani, veut savoir si la réforme est une réalité vécue ou un simple décor, et affirme ne pas être dans une logique électoraliste.
« Nous ne sommes pas dans une dynamique électoraliste. » Banda Kani l'a martelé ce samedi, en ouvrant à la salle de fêtes de La Chaumière, à Bonapriso, ces assises de deux jours. Les élections législatives et municipales approchent, reconnaît-il : « tant mieux ». Mais le parti dit privilégier « un travail de fond », afin que les futurs élus aient les moyens de tenir leurs promesses.
Une réforme « mi-figue, mi-raisin »
Le Nmp n'en est pas à son coup d'essai. En 2021, il avait consacré quatre jours de convention à cette réforme majeure de l'État, qui « semblait être une affaire de fonctionnaires ». Aujourd'hui, Banda Kani juge le moment venu d'évaluer : « est-ce que nous sommes dans une décentralisation sur le papier, purement décorative ? » Son constat est nuancé : « mi-figue, mi-raisin ».
Il distingue le processus du vécu réel et se montre sévère sur le bilan des maires. Élus, ils n'auraient pas eu le temps de travailler le dossier ni de maîtriser les enjeux du développement à la base. « À quoi bon aller prendre les mairies si les gens ne maîtrisent rien à la décentralisation ? », interroge-t-il.
Recentralisation et décolonisation : la thèse panafricaniste
Le président du Nmp pose deux principes. La décentralisation n'est pas une affaire administrative. Et pour qu'elle fonctionne, il faut maîtriser la dynamique de recentralisation, c'est-à-dire la décolonisation du pays. « On ne peut pas décentraliser la colonie, on ne peut pas décentraliser la pauvreté », lance-t-il.
Le leader du Nmp décrit un rapport de force entre « centralisateurs professionnels », pour qui le pays se réduit à Yaoundé, et ceux qui veulent le décentraliser. L'enjeu, selon lui, est que chacun soit outillé en stratégie et en tactique pour décentraliser « tout en préservant l'équilibre de l'État et en évitant les aventures ».
Des textes, mais surtout des acteurs
Le Pr Amougou Mbarga, enseignant à la Faculté des sciences juridiques et politiques de l'Université de Douala, a livré le premier exposé. Il situe les origines de la décentralisation en 1920 dans la partie anglophone et en 1941 dans la partie francophone. La plus grande avancée commence, dit-il, avec la Constitution de 1996.
Pour lui, « tout ne se résume pas dans les textes ». Il faut des acteurs engagés localement : citoyens, institutions, partis politiques. Le Nmp, assure l’universitaire, s'engage à jouer « sa propre partition ».
Le programme des 2Apdc compte six interventions sur deux jours. Parmi les intervenants figurent Éric Yomi, journaliste indépendant; le Pr Mathias Éric Owona Nguini, Célestin Ndjamen (Apar) et Charles Élie Zang-Zang (grand conseiller à la CUD), ainsi que l’expert en question de décentralisation Henri Séverin Assembe. Banda Kani présentera lui-même les grandes orientations de l'alternative panafricaniste lors de la dernière séance, dimanche. Le parti espère « déboucher sur d'importantes résolutions ».






