Métiers du rail : à Douala, un groupe familial allemand de 77 ans d'âge mise sur l'Imefac

Samedi 31 octobre, sous la présidence du délégué régional du ministère camerounais de l’emploi et de la formation professionnelle du Littoral, Dawaye Tguessa Tôbou, l'Imefac (Institut de formation professionnelle aux métiers ferroviaires en Afrique Centrale) a reçu du matériel didactique de Martin Rose Gleisbau. L'institut a ainsi lancé la formation de 80 boursiers aux métiers de la voie ferrée, avec Camrail pour débouché.

« Un train ne peut rouler aussi bien que l'état des rails le permet. » Cette formule de Jens Rose, directeur général de Martin Rose Gleisbau, résume la logique de la cérémonie tenue au siège de l'Imefac, quartier Cité de la paix. Ce programme de bourses, dont c'est la deuxième phase, vise à fournir du personnel qualifié aux futurs chantiers ferroviaires.

Martin Rose Gleisbau existe depuis 77 ans. Cette entreprise familiale allemande transfère aujourd'hui son savoir-faire à l'institut de Douala. Son dirigeant connaît le terrain : il vit au Cameroun depuis seize ans. « J'ai compris qu'ils sont sérieux et qu'ils veulent apprendre », explique Jens Rose, qui y voit la raison de son choix d'investir depuis l'Allemagne. Après échange avec le gouvernement, la réponse a été claire : « si vous le faites, nous le ferons également ». La phase 2 prolonge cet engagement.

80 bourses, trois spécialités, une insertion pensée avec Camrail

Les 80 bourses se répartissent en deux vagues de 40 apprenants. Chacune compte 15 techniciens de maintenance de la voie, 15 soudeurs aluminothermiques et 10 opérateurs de maintenance. Le premier groupe démarre dès mardi. La formation réserve 70 % du temps au terrain et 30 % à la théorie. Elle débouche sur des CQP.

L'approche est sélective. L'Imefac travaille avec Camrail et le Fonds national de l'emploi pour ne pas former sans débouchés. Selon l'institut, 90 % des apprenants de sexe féminin en maintenance de la voie ferrée ont intégré Socarrema depuis 2021. 

Le délégué régional du minefop-Littoral, Dawaye Tguessa Tôbou, représentait le ministre de l'emploi et de la formation professionnelle par intérim, Mounouna Foutsou. Il salue un transfert de compétences et relève la présence de 25 jeunes femmes parmi les boursiers, preuve que les métiers du rail sont ouverts à tous. Il demande à l'institution « de prendre soin de ce matériel » afin qu'il serve aussi aux générations futures.

Rails plus lourds, mécanisation : un marché qui exige des profils qualifiés

Le promoteur de l'Imefac, Théophile Mountang, souligne le passage de rails légers à des rails de 54 kg le mètre, posés sur des traverses plus lourdes. Cette évolution appelle davantage de mécanisation et des opérateurs formés. La formation intègre d'ailleurs la topographie et une nouveauté : la soudure électrique des rails.

Côté allemand, on parle du même chantier. « Nous travaillons sur la mécanisation et nous voulons voir les voies rénovées plus rapidement », indique Jens Rose, pour qui les rails de 50 ou 54 kilos, contre 30 aujourd'hui, constituent la prochaine étape.

L'Imefac ambitionne de faire de Douala un pôle d'excellence ferroviaire, avec à terme des ingénieurs « made in Cameroon ». Le tramway annoncé dans la ville, dit Théophile Mountang, ne pourra pas se passer de personnel qualifié. « Un pays ne peut pas se développer sans chemin de fer. »

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