L’Épreuve de la chair : quand la douleur devient une force
Publié en 2026, "L’Épreuve de la chair" est un roman de Simon Gerard Mbondo qui raconte le parcours de Nitrant Nguyssang, dit NG, un homme confronté dès son enfance à de nombreuses épreuves. À travers son histoire, l’auteur aborde l’enfance, les difficultés scolaires, l’amour, la maladie, le deuil et les conflits familiaux. Le roman propose également un regard sur plusieurs réalités de la société camerounaise.
Une enfance marquée par les difficultés
Nitrant grandit dans un village Bazam, au bord de la Sanaga. Les mutations professionnelles de son père entraînent plusieurs déménagements. À Eloiseville, il est victime de moqueries en raison de ses origines. Surnommé « Bazam-Bazam », il est même placé au fond de la classe. Ces humiliations contribuent pourtant à forger son caractère.
Au lycée technique, NG trouve un refuge dans les machines et s’oriente vers l’électrotechnique. Après son CAP, il rencontre des difficultés administratives, mais poursuit ses études grâce à une bourse et au soutien de son entourage. Il obtient finalement un BT puis un DUT en génie électrique.
L’amour face aux épreuves
La vie de Nitrant change lorsqu’il épouse Dacia, une sociologue originaire du Sud. Leur mariage interethnique suscite l’hostilité de certains membres de sa famille. Des rumeurs et des accusations de sorcellerie viennent compliquer leur vie.
Le couple doit ensuite affronter une épreuve douloureuse : Dacia est atteinte d’un cancer de l’ovaire. Pour tenter de la sauver, Nitrant s’endette, vend ses biens et hypothèque sa maison. Malgré ses efforts, Dacia meurt dans un crash d’avion alors qu’elle se rend auprès de sa mère malade.
Le deuil et la reconstruction
Après la mort de son épouse, Nitrant traverse une période très sombre. Les conflits autour de l’enterrement et de l’héritage aggravent sa souffrance. Il sombre dans la dépression et pense au suicide.
Peu à peu, il retrouve cependant le goût de vivre grâce à ses proches, au « Club des Veufs Anonymes », au journal intime de Dacia et à un projet entrepreneurial. Il crée une huile de safou baptisée « Huile Dacia », transformant le souvenir de son épouse en source d’espoir.
Un roman ancré dans la société camerounaise
Au-delà du parcours de Nitrant, L’Épreuve de la chair aborde plusieurs réalités sociales : les difficultés du système éducatif, la corruption administrative, les conflits familiaux et successoraux, le coût des soins de santé et les tensions entre tradition et modernité.
Le roman évoque aussi la condition des veuves et des veufs, la solidarité familiale, la foi chrétienne et l’entrepreneuriat comme moyens de surmonter les difficultés.
Une histoire de résilience
Avec son mélange de narration, de dialogues, de réflexions et d’expressions locales, L’Épreuve de la chair plonge le lecteur dans une réalité camerounaise tout en abordant des expériences universelles : l’échec, le rejet, l’amour, la perte et le besoin de recommencer.
À travers Nitrant, Simon Gerard Mbondo livre une histoire de douleur, mais surtout d’espoir. Le personnage montre que les épreuves peuvent laisser des blessures profondes sans empêcher de se reconstruire. Comme le suggère l’une des images fortes du roman, l’arbre peut plier sous la tempête sans forcément se briser.






