Banda Kani clôt la Phase II du 3ème Congrès national du NMP sur un appel à « une action exceptionnelle » pour le Cameroun
Deux jours durant, du 25 au 26 juillet 2026 à Bonamouti-Akwa, dans l’arrondissement de Douala 1er, le Nouveau Mouvement Populaire a revisité six décennies d’histoire nationale à travers cinq ateliers thématiques, le lancement du Parlement populaire panafricaniste et un discours de politique générale offensif du président national.
C’est dans la Salle des Banquets de l’Ecole Primaire Emilie Saker du village Bonamouti, canton Bonambela, que s’est tenue la Phase II du Troisième Congrès National du NMP, placée sous le thème : “Pour une action exceptionnelle de Dieu, Père universel de tous, en faveur du Cameroun : la Parole en mouvement”. Un rendez-vous que le parti de Banda Kani a voulu marquer d’une empreinte à la fois historique et spirituelle.
La première journée a été consacrée à cinq ateliers thématiques couvrant chacun une séquence de l’histoire nationale : 1960-1972, animé par le géostratège Charly Kegne ; 1972-1982, par le secrétaire général du NMP Jules Bouyamouosso ; 1982-1992, par Nguesseu Njanjouo Ghislain ; 1992-2018, par le sociologue Jonathan Batanguene ; et 2018-2026, porté par un trio féminin composé de Kassi Yvonne, Ejenguele Charlotte et Banda Makeda. L’objectif affiché : faire émerger, atelier après atelier, ce que le mouvement appelle un « tableau vivant » du Cameroun.
Banda Kani : « Il faut changer de modèle, changer de mentalité »
Le président national du NMP a livré, le dimanche, un discours de politique générale axé sur la nécessité de placer la gouvernance publique sous des principes qu’il qualifie de divins. Il a insisté sur l’urgence de sortir des schémas jugés dépassés : « Il faut changer de modèle, et pour changer de modèle, il faut changer de mentalité », a-t-il martelé, appelant à une « grande vision » englobant l’économie, la société et la géopolitique. Banda Kani a également salué le discours d’investiture du président de la République Paul Biya, y voyant une volonté de tendre la main aux jeunes et aux femmes et de réformer l’État.
Point d’orgue de cette Phase II, le lancement du Parlement populaire panafricaniste a été présenté comme un espace de réflexion destiné à faire émerger une nouvelle génération d’acteurs politiques et sociaux camerounais. Selon Banda Kani, cette plateforme doit permettre de « tourner la page » de la corruption généralisée et de préparer le pays aux mutations géopolitiques en cours.
L’après-midi du dimanche a été marquée par un atelier spécial consacré au tribalisme, à l’ethnicisme et au géo-ethnicisme, animé par les professeurs Mathias Eric Owona Nguini, politologue et vice-recteur de l’Université de Yaoundé II, et Dominique Meva’a Abomo, géographe et président-fondateur des Editions Cheikh Anta Diop. Une réflexion posée en ces termes : la Nation peut-elle vaincre ses démons ? Perspectives de solutions.
Un hommage aux Rois Maka en toile de fond symbolique
Le congrès a également réservé un temps de recueillement autour de la restitution, par l’Allemagne, des restes des Rois Maka, martyrs de la résistance à la colonisation allemande exécutés en 1910 à Doumé — un hommage porté par le représentant des chefs traditionnels du Haut-Nyong, en présence des plénipotentiaires.
Parmi les prises de parole, celle d'une militante de la première heure, présentée comme la seule femme à accompagner Banda Kani dans le mouvement panafricaniste depuis quinze ans, a marqué les esprits par son appel à la relève générationnelle.
Cette Phase II du Congrès national du Nouveau mouvement populaire intervient dans un contexte politique déjà marqué par les prémices des échéances électorales de 2027, année qui verra le Cameroun renouveler ses conseils municipaux et son Assemblée nationale.
En consolidant son ancrage idéologique et en misant sur la mobilisation des jeunes et des femmes, le NMP semble vouloir se positionner en amont de ces scrutins, avec l’ambition affichée de faire émerger, à travers son Parlement populaire panafricaniste, une nouvelle génération de candidats et d’acteurs politiques sur l’échiquier national.






