Pêche INN au Cameroun : Les journalistes parés pour une sensibilisation ciblée
L'African Marine Conservation Organisation (AMCO) tenait en alène ce vendredi les journalistes des réseaux MEFAR et REMAPSEN Cameroun dans le cadre d'un atelier de formation sur la promotion des principes de transparence dans le secteur des pêches. Au vu de l'impact de ces dérives sur la vie sociale et l'économie nationale, sensibiliser les acteurs et impulser un changement de paradigme devient une nécessité. Il était question de donner aux hommes et femmes des médias des outils nécessaires pour éduquer les camerounais à un meilleur rapport avec la mer et sa préservation.
Le secteur de la pêche joue un rôle important dans la sécurité alimentaire, et l’économie nationale. Cependant, Sa gestion durable reste pourtant menacée par l'accès limité aux informations sur les activités de pêche et par les difficultés de suivi, de contrôle et de surveillance. La pêche illicite, non déclarée et non réglementée (pêche INN) continue de dicter sa loi sur les eaux Camerounaise, accentuant ainsi la fragilisation des ressources halieutiques et prive les communautés côtières de leurs moyens de substance et il devient impossible d'évaluer correctement l'état des stocks et de fixer des limites adaptées. Les populations de poissons s'épuisent, et certaines pratiques, comme l'usage des filets non conforme, d'engins prohibés ou les captures accessoires, abîment les habitats marins et menacent des espèces protégées.
En plus des populations côtières, L'État et les opérateurs en règle sont aussi touchés. Les licences, taxes et redevances non perçues représentent un manque à gagner pour les finances publiques, tandis que les acteurs qui respectent la loi subissent une concurrence déloyale.
Sans données fiables ni transparence, le suivi, le contrôle et la surveillance deviennent plus difficiles.
C'est pourquoi la promotion des principes de la Charte Mondiale de Transparence des Pêches, signée par le Cameroun en avril 2025, est une réponse essentielle. Face à ces enjeux, la transparence est un élément essentiel de la bonne gouvernance des pêches. Elle favorise l'accès à l'information, la participation des parties prenantes et la redevabilité dans la gestion des ressources.
AMCO toujours en action pour un espace marin sécurisé
Bien que le Cameroun ait réalisé des avancées notables pour assainir et renforcer le cadre réglementaire du secteur (la Loi n°2024/019 du 23 décembre 2024 régissant la pêche et l’aquaculture, la signature de la Charte Mondiale de Transparence des Pêches (CMTP et la publication de listes de navires autorisés à pêcher), beaucoup reste encore à faire. C'est dans ce contexte qu'AMCO met en œuvre au Cameroun le projet « Promoting Fisheries Transparency and Good Governance in Cameroon », financé par la Swiss Philanthropy Foundation. Le projet vise à promouvoir les principes de la CMTP et à améliorer l'accès du public à l'information sur la pêche.
L'atelier du 9 octobre prolonge cette démarche. Réunissant les professionnels de médias des réseaux MEFAR et REMAPSEN Cameroun, plusieurs articulations meublaient les discussions. Entre autres la présentation du secteur des pêches au Cameroun, les effets de la pêche INN et les principes de la charte mondiale de transparence, et une réflexion sur le rôle que les médias devront jouer pour changer la donne.
Par cet atelier Ysaac Chavely MBILE NGUEMA expert pêche et économie Bleue à AMCO ses collaborateurs invitent les professionnels des médias à l'école de bonne information afin de mieux expliquer en termes simples ce qu'est la pêche INN et suivre l'application des engagements pris par le Cameroun en matière de transparence.
"Il est vraiment important que la sensibilisation soit générale parce que la pêche INN a des conséquences jusqu'au ménage de notre pays. Il est important que tout le monde prenne conscience des conséquences néfastes de ces activités-là afin que nous puissions davantage travailler et avoir des conséquences positives, inverser la tendance pour que demain nos ménages soient un peu plus aérés pour ce qui est de l'accès à la ressource halieutique."
Rappelons que Le 5 janvier 2023, la Commission européenne a attribué un « carton rouge » au Cameroun et l'a identifié comme un pays non coopérant dans la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) à cause du Contrôle insuffisant de la flotte camerounaise et l'absence de mécanismes de sanction suffisants pour prévenir et réprimer la pêche INN.
Jusqu'à présent Les ressortissants ou entreprises de l'UE ont interdiction d'acquérir des GT navires de pêche battant pavillon camerounais, l’importation de produits de la pêche en provenance du Cameroun ou capturés par des navires battant pavillon camerounais, ou de s'associer à des opérations de pêche conjointes avec le Cameroun. Face à ces pressions Ysaac Chavely MBILE NGUEMA expert pêche et économie Bleue à AMCO préconise une synergie d'action entre les parties prenantes pour un secteur maritime productif et sécurisé.
"Nous pensons que le plus grand défi actuellement c'est d'abord de sortir du carton de l'Union Européenne parce que cela a eu une conséquence sur notre image mais également sur l'exploitation des produits. Mais l'autre défi également est que les pêcheurs artisans soient protégés des activités de la pêche industrielle, mais aussi qu'ils ne deviennent pas eux-mêmes les acteurs de la pêche illicite. C'est pourquoi chacun d'entre nous acteurs devrons respecter la réglementation qui est mise en place par l'État du Cameroun, par le MINEPIA. Et en tant qu'organisation de la société civile, nous travaillons pour accompagner les acteurs pour qu'ils soient en conformité avec la réglementation."
Parce que la protection des fonds marins revet une importance capitale respecter et faire respecter la réglementation reste la bouée de sauvetage pour un avenir radieux dans le secteur des pêches.






