À Douala, un faux crash teste la chaîne des secours
Les sirènes ont résonné tôt, ce samedi 3 octobre, dans la mangrove de Bois des Singes, à Douala 2e. Un avion venait, selon le scénario, de s’écraser après son décollage de l’aéroport international de Douala. Des victimes à évacuer, un incendie à maîtriser, un périmètre à sécuriser : pendant plusieurs heures, les secours ont travaillé dans les conditions d’une catastrophe aérienne. L’accident était fictif. La mobilisation, elle, était bien réelle.
Organisé par les Aéroports du Cameroun (ADC), cet exercice grandeur nature visait à éprouver la capacité des différents services à réagir à une situation d’urgence majeure. Côté sanitaire, le dispositif a surtout permis de tester la rapidité de mobilisation du SAMU et des équipes médicales du Littoral, particulièrement celles du Wouri.
Dès le déclenchement de l'alerte, les équipes du poste de santé aux frontières de l'aéroport ont été mobilisées avec leurs ambulances. Elles ont rapidement été rejointes par celles des hôpitaux de district de New-Bell, Logbaba et de Nylon. Les ambulances des hôpitaux de district des Palmiers, de Bonassama et de Deïdo, ainsi que celle de l’Hôpital Laquintinie, ont convergé vers la zone de l’exercice.
La mobilisation a ensuite été élargie aux autres formations sanitaires de la région, HGOPED, l’Hôpital Général de Douala ainsi que le PSF-PAD. Médecins, infirmiers, aides-soignants, ambulanciers et agents de santé communautaire ont été associés aux opérations.
Une chaîne d’évacuation sous pression
Sur le terrain, les médecins procédaient au triage, tandis que les infirmiers et aides-soignants prenaient en charge les victimes, et les ambulances effectuaient autant de rotations que nécessaire pour évacuer les victimes simulées des deux sites de catastrophe. À Bois des Singes, les opérations se sont poursuivies jusqu’au dernier ratissage.
Les patients ont ensuite été acheminés vers le Best Western Hôtel, choisi comme site de prise en charge. Toutes les unités sanitaires y ont été regroupées afin de tester la continuité entre l’intervention sur le lieu du sinistre, le transport et l’accueil des victimes.
L’exercice a ainsi mis à l’épreuve une chaîne qui, dans une catastrophe réelle, doit fonctionner sans rupture : alerte, mobilisation, arrivée des secours, tri, évacuation, transport et prise en charge.
La réponse sanitaire était coordonnée par le Délégué régional de la Santé publique pour le Littoral, Charles YOPNDOÏ, accompagné du BCASS. Elle a mobilisé les responsables des FOSA et leurs équipes médicales, le CERPLE, ainsi que les Points Focaux, SAMU et le 1510.
À l’issue de l’exercice, le Délégué régional a salué la mobilisation des équipes :" Merci à toutes les équipes qui se sont mobilisées. Il a également indiqué qu’au terme de la réunion de restitution, un point serait fait sur "les insuffisances constatées dans la gestion sanitaire de cet incident".
Après le dernier ratissage, les opérations se sont achevées par une réunion de débriefing autour de Dieudonné IVAHA DIBOUA, Gouverneur du Littoral, en présence des différentes parties prenantes. L’objectif, tirer les enseignements de la simulation et identifier les éventuels points à améliorer.
Il n’y avait, samedi matin, ni avion détruit ni victime réelle à Bois des Singes. Mais pour les équipes du SAMU et les personnels de santé du Littoral, l’exercice aura constitué un test grandeur nature de leur capacité à répondre, rapidement et collectivement, à une catastrophe majeure.






