Le Synajic rappelle les journalistes camerounais à l’éthique et à la déontologie

Le Syndicat national des journalistes indépendants du Cameroun (Synajic) a organisé mardi 17 février 2026 à Douala, une rencontre de sensibilisation de la presse sur l’impératif citoyen. Tenue à Bonantonè-Déïdo, la rencontre a réuni une cinquantaine de professionnels des médias autour du thème : « Le journaliste camerounais à l’épreuve de la désinformation. Entre mission citoyenne et responsabilité éthique et déontologique ».

Après le l’exposé introductif du président national du Synajic, Alex Koko a Dang, deux panélistes se sont succédé à la tribune. D’abord Sa Majesté Georges Messouane, journaliste avec 36 ans de métier, qui a planché sur les missions citoyennes et la responsabilité sociale du journaliste. Pour lui, le journaliste doit protéger ses sources, respecter la vie privée et maintenir une distance rigoureuse entre l’analyse et les faits. La critique reste légitime, a-t-il soutenu, à condition d’être proportionnée. Trois valeurs cardinales doivent selon lui guider tout journaliste : la vérité, la confiance et la dignité.

Éthique, déontologie et séjour carcéral

Le Dr Jean Marie Tchatchouang, enseignant au Département de communication de l’Université de Douala, a pour sa part exposée sur la responsabilité éthique et déontologique des journalistes. Il a distingué la déontologie — ensemble de règles définies par la profession, encadrées par la Charte de Munich et le Code de déontologie camerounais — de l’éthique, qu’il rattache à l’éducation, au comportement et à l’environnement social de chaque individu. L’enseignant d’université a également livré quelques anecdotes de son propre parcours, notamment un séjour de deux mois à la Prison centrale de New-Bell (du 24 mars au 24 mai 2013), poursuivi pour diffamation dans l’exercice de ses fonctions de journaliste.

« Nous avons dit, au sorti de notre échange, que le journaliste, tant qu’il n’a pas la certitude de l’information en sa possession, il doit s’abstenir de la diffuser. Ou tout au moins, il doit la diffuser en l’accompagnant des réserves nécessaires », a déclaré le Dr Tchatchouang, ajoutant que « toute information n’est pas bonne à être diffusée » dès lors que sa publication peut menacer la stabilité du pays ou la paix sociale.

Journaux fantômes dans le viseur

Le président national du Synajic n’a pas mâché ses mots. Alex Koko a Dang a pointé du doigt des pratiques qu’il juge inadmissibles : « Le constat qui est fait est qu’aujourd’hui, il y a beaucoup de journaux qui, ma foi, au lieu de faire leur travail, se contentent de diffamer, invectiver les personnalités dans leurs journaux. » Il a évoqué nommément des cas de personnalités selon lui « massacrées » par des publications qu’il qualifie de « journaux fantômes » circulant sur les réseaux sociaux.

Face à ces dérives, le dirigeant syndical a brandi une mise en garde : « Si désormais [ces confrères] continuent à se comporter de la sorte, je vais donner des instructions fermes à mes camarades de toutes les autres régions du pays de ne plus répondre aux problèmes de ces confrères. »​​​​​​​​​​​​​​​​

Dans un paysage médiatique camerounais secoué par les fakes news et les règlements de comptes déguisés en articles, le Synajic a choisi la voie de la pédagogie. Reste à savoir si les premiers concernés — ces « journaux fantômes » qui pullulent sur les réseaux sociaux — auront seulement entendu le message.

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