ZLECAf : femmes et jeunes d’Afrique centrale à la conquête du commerce des services

Yaoundé accueille ce lundi 23 mars 2026 un dialogue public-privé d’envergure régionale. Organisé à Yaoundé par le Centre du commerce international (ITC), en partenariat avec le ministère des PME, la Commission de la CEEAC et le Secrétariat de la ZLECAf, l’événement réunit des acteurs venus des onze pays d’Afrique centrale autour d’un enjeu majeur : faire de la Zone de libre-échange continentale africaine un levier réel d’inclusion économique pour les femmes et les jeunes dans le secteur des services.

Le ton était donné dès l’ouverture. Raimund Moser, chef du département femmes, jeunes et communautés vulnérables à l’ITC, a posé le constat sans détour : malgré leur rôle central dans les économies de la sous-région, femmes et jeunes restent en marge des flux commerciaux. « On voit les potentiels, surtout dans le commerce des services, mais on n’est pas encore là où on aimerait être », a-t-il reconnu. Les obstacles sont connus — accès au financement, accès aux marchés, accès à l’information — mais leur persistance, notamment pour les PME dirigées par des femmes, interpelle. L’ITC entend y répondre par des mesures concrètes, à la fois réglementaires et de renforcement des capacités, en ciblant des secteurs prioritaires identifiés dans le cadre du programme CEEAC-Services : les transports et la logistique, le tourisme, et les TIC.

6 millions d’euros sur la table

Le ministre des PME, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, Achille Bassilekin III, a rappelé un chiffre qui justifie à lui seul l’urgence de la démarche : le commerce des services représente près de 67 % du potentiel mondial en matière d’emplois, loin devant l’industrie manufacturière. Pour lui, la ZLECAf constitue une fenêtre d’opportunités que les femmes et les jeunes de la CEEAC ne peuvent pas se permettre de laisser passer.
Côté financement, c’est l’Union européenne, via son initiative Global Gateway, qui met les moyens. Élysée Deumany, point focal genre au Haut conseil des affaires de l’Afrique centrale (HCA), a levé le voile sur l’enveloppe mobilisée : « Environ 6 millions d’euros sont mis à la disposition des femmes et des jeunes des 11 pays d’Afrique centrale. Ce n’est pas petit, c’est déjà ça, c’est mieux que rien du tout. » Le HCA, qui porte en son sein une commission dédiée à l’entrepreneuriat féminin, jeune et handicapé, est impliqué dans la phase opérationnelle du programme. Mme Deumany a insisté sur la nécessité que les bénéficiaires s’approprient le dispositif : « S’ils ne comprennent pas le programme, ils ne peuvent pas en bénéficier. »

Un dialogue pour passer aux actes

Au-delà des discours, la journée s’est structurée autour de panels thématiques et d’ateliers interactifs, dont l’un animé par la Commission genre du HCA. L’objectif : faire remonter du terrain les priorités réelles des entrepreneures et entrepreneurs de la sous-région, pour calibrer des politiques adaptées. Car si les protocoles de la ZLECAf — celui sur les services adopté en 2019, et celui sur les femmes et les jeunes adopté en février 2024 — posent un cadre ambitieux, leur mise en œuvre effective reste le vrai chantier. Élysée Deumany a d’ailleurs exigé des réglementations plus adaptées et un renforcement soutenu des capacités pour que les pays membres de la CEEAC transforment l’essai.

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