Cameroun : le virage du verre relance le débat sur l’économie circulaire dans l’agroalimentaire
La mise sur le marché des bouteilles en verre SUPERMONT par l’entreprise Source du Pays, saluée par la Fondation camerounaise des consommateurs (Focaco), dépasse le simple registre marketing. Pour le président exécutif de la Focaco, Alphonse Ayissi Abena, elle s’inscrit dans une dynamique économique plus large où durabilité, compétitivité et valorisation du « Made in Cameroon » redessinent les stratégies industrielles.
Avec des formats en verre de 1L et 0,33L destinés à la restauration, l’entreprise camerounaise Source du Pays vise un repositionnement clair vers les circuits à forte marge : hôtels, restaurants et débits de boissons. Ce choix n’est pas anodin. Le conditionnement en verre, perçu comme plus premium, permet d’augmenter la valeur perçue du produit tout en s’alignant sur les standards internationaux du service à table.
Dans un contexte où le secteur CHR (cafés-hôtels-restaurants) contribue significativement à la consommation urbaine, cette stratégie pourrait renforcer les revenus locaux et stimuler une demande plus qualitative.
Le verre, un levier économique et environnemental
Au-delà de l’image, le passage au verre traduit une mutation progressive vers une économie circulaire. Contrairement au plastique, le verre est recyclable à l’infini, réduisant ainsi les coûts environnementaux à long terme. Pour les entreprises, cela ouvre aussi la voie à des modèles de consigne et de réutilisation, encore peu exploités au Cameroun.
Cette orientation répond directement aux exigences de la loi-cadre de 2011 sur la protection du consommateur, notamment en matière de santé et de sécurité. Elle anticipe également les pressions croissantes sur la gestion des déchets plastiques dans les grandes villes comme Douala et Yaoundé.
Une montée en gamme du « Made in Cameroon »
En optant pour le verre, SUPERMONT renforce son positionnement sur le segment premium. L’eau, issue du Mont Cameroun, capitalise ainsi sur un double argument : origine naturelle et packaging durable. Pour l’économie locale, cette montée en gamme est stratégique. Elle permet de mieux résister à la concurrence des marques importées, souvent perçues comme plus qualitatives.
La démarche pourrait également stimuler des chaînes de valeur connexes, notamment dans la production et le recyclage du verre, créant des opportunités industrielles et des emplois.
En saluant cette initiative, la Focaco envoie un signal clair aux acteurs du secteur : l’innovation ne se limite plus au produit, elle englobe désormais l’impact environnemental et sociétal. À terme, les entreprises qui n’intégreront pas ces critères pourraient perdre en compétitivité, notamment auprès d’une classe moyenne urbaine de plus en plus sensible aux enjeux écologiques.
L’enjeu reste toutefois la capacité du marché à absorber le surcoût du verre, souvent plus élevé que le plastique. La réussite de cette transition dépendra donc d’un équilibre entre accessibilité des prix, logistique de recyclage et adhésion des consommateurs.
Dans ce contexte, l’initiative de Source du Pays apparaît comme un test grandeur nature pour l’économie verte au Cameroun.






