Publicité à Douala : l'Arpc dénonce la persistance des « régies accréditées » malgré l'interdiction ministérielle
Deux mois après une instruction ministérielle claire, rien n'a changé sur le terrain publicitaire doualais. Dans un courrier daté du 10 septembre 2026 adressé au ministre de la décentralisation et du développement local (minddevel), l'Association des régisseurs en publicité du Cameroun (Arpc) dénonce la poursuite d'une pratique pourtant formellement proscrite : l'affectation d'autorité des annonceurs à des régies publicitaires « accréditées ».
Le 13 juillet 2026, le ministre de la décentralisation et du développement local, Georges Élanga Obam, alertait les maires sur une pratique jugée contraire à la loi : l'affectation d'autorité des annonceurs à certaines régies publicitaires. Il rappelait que la législation garantit aux annonceurs « la liberté inaliénable de choix des partenaires d'exécution de leurs activités publicitaires », en vertu des articles 2, 3 et 4 de la loi sur la concurrence et de l'article 10 de la loi régissant la publicité.
Deux mois plus tard, l’Arpc constate à travers son président, Aristide Bounah, dans un courrier du 10 septembre 2026, que cette instruction n'a produit aucun effet à Douala. Elle y dénonce une pratique qui perdure et qui perturbe directement les relations commerciales des régies membres de l'association.
Douala persiste : trois régies imposées par arrondissement
Selon l’Arpc, des lettres signées par le maire de la Ville de Douala le 31 août 2026 invitent expressément les annonceurs à traiter avec des régies désignées selon leur arrondissement : Cameroon Publicity pour les 1er et 2e, Vision Plus pour les 3e et 4e, et Proxy Media pour le 5e.
L'association y voit une atteinte directe aux articles 72 à 77 du Code général des collectivités territoriales décentralisées, relatifs au contrôle de légalité, ainsi qu'aux dispositions réservant l'agrément et la régulation professionnelle au seul ministre chargé de la publicité.
Des prélèvements à la légalité contestée
Les mêmes courriers réclament des « droits d'occupation du domaine public » pour 2025 et 2026, ainsi que des « droits d'achat d'espaces publicitaires ». L'Arpc conteste le fondement juridique de ces prélèvements, relevant que le Code général des impôts n'institue pas de redevance publicitaire générale de ce type.
L'association signale par ailleurs des sollicitations répétées auprès des annonceurs, avec dans certains cas des menaces de retrait, d'enlèvement ou de destruction de dispositifs publicitaires si les annonceurs ne se conforment pas aux régies désignées.
Six demandes adressées au ministre
Face à cette situation, l’Arpc sollicite du ministre la vérification de la conformité des lettres du 31 août à son instruction de juillet, ainsi que la production par le maire de la ville Douala des actes ayant institué ces « accréditations ». Elle demande également la suspension de toute orientation obligatoire des annonceurs vers des régies privées déterminées.
L'association réclame enfin la pleine saisine du préfet du Wouri au titre du contrôle de légalité, et une instruction écrite rappelant la distinction entre agrément professionnel, fiscalité locale et relations contractuelles






