Semaine Internationale de l'Investisseur CEMAC 2026 : Douala au cœur de l'éducation financière

Du 05 au 06 octobre 2026, la capitale économique du Cameroun a abrité la Semaine Internationale de l'Investisseur CEMAC (SIIC), organisée par la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF) dans le cadre de la World Investor Week de l'OICV.

"Investissez pour demain. Protégez-vous dès aujourd'hui." Tel était le thème de cette troisième édition de la SIIC. Un rendez-vous axé sur la lutte contre les arnaques, les deepfakes et la désinformation.

Pour le Secrétaire Général de la COSUMAF, Salvador Mangue Ayingono, l'enjeu est d'abord culturel: « Nous n'avons pas l'éducation financière dans nos mœurs. La population se sent à l'aise en ayant son argent à la banque. Or l'alternance du système banquier, c'est le marché financier.».

Il déplore que moins de 10% des Doualais sachent où se trouve la BVMAC pourtant installée à Douala. D'où la stratégie d'introduire l'éducation financière à l'école et à l'université depuis trois ans.

Le vrai défi selon lui ? Mobiliser l'argent qui dort: « Beaucoup gardent l'argent à la maison, sous le matelas comme nos grands-mères. En cas d'incendie, ils perdent tout. Cet argent peut financer une route, une école.». L'objectif est de financer l'économie par l'épargne domestique via des emprunts obligataires, au lieu des conditions draconiennes de Bretton Woods.

Le Jour 1 (05 octobre) était dédié à la protection: Keynote de Ange Patrick DEMENOU, puis panels sur la prévention des arnaques avec l'ANIF, l'ANTIC et le magistrat Jean Simplice EBOKO; IA et deepfakes avec Augustin NIJIGUI et Serges Ntamack.

Un message appuyé par le DG de la BVMAC, Dr Louis Banga Ntolo: « Qui a l'information a le pouvoir. Un investisseur ne doit jamais communiquer ses informations personnelles à des plateformes non identifiées. Les acteurs agréés figurent sur le site du régulateur. ». Il rappelle que le régulateur "punit très sévèrement" les fraudeurs.

Le Jour 2 (06 octobre) était consacré à l'inclusion: financement du secteur informel avec la CNPS et SUNU Assurance, puis financement des PME/start-up.

Le Dr Banga Ntolo annonce un assouplissement majeur à la BVMAC: « Avant, nous demandions trois exercices bénéficiaires. Nous avons enlevé ces conditionnalités. Même une société en première année sans bilan peut venir se faire financer sur la base d'un business plan.».

Son conseil aux PME: privilégier l'equity. "Ouvrir son capital, c'est ne pas s'endetter." Son mot d'ordre: le mix de financement. « La banque existe, la micro-finance existe, la tontine existe, mais également le marché financier. Si une solution n'existe pas à un guichet, ayez le réflexe de regarder ailleurs. ».

 

Par Armelle BELA (stg).

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