Safinum 2026 : Yaoundé accueillera le premier Salon de la finance numérique 

Du 26 au 28 novembre, le Palais des Congrès réunira banques, fintechs et start-ups autour de la digitalisation du système financier. Plus de 20 000 visiteurs sont attendus.

Présenté lors d'une conférence de lancement ce mercredi, le Salon de la finance numérique (Safinum) prolonge les travaux du Comité national économique et financier (Cnef). Les journées scientifiques sur l'économie numérique, tenues les 06 et 07 juin 2024 à l'hôtel Mont-Fébé, avaient mis en lumière la faible transformation du secteur financier camerounais. Parmi les causes : le manque de structures d'accompagnement et de financement de l'innovation, les difficultés des fintechs à lever des fonds et la résistance des populations à la culture numérique.

Pour y répondre, le Cnef, présidé par le ministre camerounais des Finances, avait prévu une foire annuelle dès l'exercice 2025. La première édition s'ouvre finalement en 2026, avec une triple ambition : soutenir l'entrepreneuriat dans les services financiers numériques, former le capital humain nécessaire et renforcer la confiance numérique. 

Selon Emmanuel Cho Asafor, directeur national adjoint de la Banque des États de l’Afrique centrale (Béac), le ministre a aussi validé l'agenda destiné à accélérer cette digitalisation. Pour lui, l'enjeu dépasse la banque : « C'est la finance, c'est la technologie, mais c'est transversal. Tout le monde en dépend », de la vendeuse de papayes payée par mobile money à l'industriel.

Trois jours, 54 stands et cinq tables rondes

Le programme annonce 54 stands, cinq tables rondes et des rencontres B to B et B to C. Le hackathon « Innovate Finance » mobilisera trois jours durant développeurs, designers et experts, chargés de concevoir des prototypes répondant aux défis des entreprises, des banques et des institutions. Le pitch elevator donnera trois minutes aux porteurs de projets pour convaincre des investisseurs potentiels, avec à la clé un financement, du mentorat et l'accès à un réseau professionnel.

Ce dispositif vise précisément le maillon faible identifié par le Cnef : la rencontre entre l'innovation et le capital. Les usages, eux, évoluent déjà vite. Opérations bancaires depuis chez soi, souscription de titres sur le marché financier d'un simple clic sur un téléphone : Emmanuel Cho Asafor y voit une source de valeur ajoutée pour le système financier comme pour l'ensemble de l'économie, et des opportunités pour une jeunesse tournée vers le numérique. 

Rendez-vous annuel, le Safinum sera ensuite porté par les acteurs du secteur. Le Cnef sera là « juste pour encadrer, mais pas pour entrer dans l'organisation », précise-t-il, une fois les associations de fintechs et les sociétés de paiement structurées.

Les opérateurs avancent leurs arguments

Deux sponsors se sont exprimés. Huawei, présent dans 170 pays, plaide pour une finance inclusive. « Celui qui ne peut pas se digitaliser ne peut pas résister dans ce monde », avertit sa représentante. Joël Ndjodo, directeur général de Wave Cameroun, relève de son côté un problème d'accessibilité du paiement mobile dans le pays.

Ces prises de parole, venues d'acteurs engagés sur le marché, rappellent un enjeu central : l'argent numérique ne transformera l'économie que s'il atteint effectivement ceux qui en dépendent chaque jour. Le Safinum devra montrer, d'ici le 28 novembre 2026, que les échanges débouchent sur des financements et des solutions concrètes pour les fintechs locales.

Reste l'essentiel : passer des annonces aux résultats. Entre un hackathon, des pitchs de trois minutes et des tables rondes, le Safinum sera jugé sur ce qu'il laissera derrière lui : des fintechs financées, des solutions testées et des Camerounais qui, du marché de quartier au marché financier, paient et épargnent d'un simple clic.

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