Affaire des lunettes volées : les quatre journalistes reçus par le ministre de la Communication

Le ministre de la Communication a reçu, ce 23 septembre, en audience,  les quatre journalistes qui venaient de séjourner dans les cellules du Commissariat central n°1 (CC1), dans le cadre de l’affaire dite des « lunettes volées ». Pour la circonstance, il était accompagné de son secrétaire général, Félix Zogo.

La délégation du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication (SPIC) était conduite par Valgadine Tonga. Elle comprenait les quatre journalistes concernés ainsi que Denise Ebelle. À cette rencontre s’est également jointe l’Association des patrons de presse du Cameroun, représentée par son président, François Mboke, et Joseph Njama. La présence de ces deux organisations professionnelles traduisait ainsi une mobilisation plus large de la corporation autour de cette affaire.

D’entrée de jeu, le ministre a présenté ses excuses, ainsi que celles du gouvernement, aux journalistes concernés et à l’ensemble de la corporation. Il a expliqué avoir appris cette affaire par des médias étrangers, se disant surpris de constater que de telles attitudes puissent encore se produire au Cameroun, un pays qui se veut démocratique.

Selon le ministre, ce genre de comportement est de nature à présenter le Cameroun comme un pays qui ne respecte pas les droits de l’homme. Il a ainsi exprimé son étonnement face à une situation qu’il a qualifiée de déplorable.

Après cette prise de parole, le ministre a donné la parole à Valgadine Tonga, qui a exposé les différentes revendications du SPIC à la suite de l’arrestation et de la détention des quatre journalistes.

La responsable syndicale a tenu à préciser que le SPIC n’est pas contre le gouvernement, mais entend dénoncer ce qu’il considère comme l’attitude d’une personnalité ayant porté atteinte à l’honneur de la profession en présentant les professionnels des médias comme des voleurs.

Le syndicat exige ainsi des excuses publiques de la part de la personne à l’origine de cette affaire. Il réclame également la réparation du préjudice subi par les journalistes, ainsi que le retrait de la plainte et l’abandon des poursuites engagées à leur encontre.

La parole a ensuite été donnée à François Essomba, qui a relaté les circonstances de leur arrestation ainsi que les conditions dans lesquelles les quatre journalistes ont passé leurs jours de détention au CC1.

Son témoignage a rapidement fait monter l’émotion dans la salle. En évoquant leur séjour en cellule et les conditions de détention, le journaliste a été submergé par l’émotion et a écrasé une larme.

Il a notamment décrit l’insalubrité des cellules et la promiscuité qui y régnait. Odeurs nauséabondes et promiscuité se côtoyaient, donnant à leur détention un caractère particulièrement éprouvant.

Dans la salle, l’émotion était palpable. Le ministre de la Communication apparaissait lui aussi visiblement touché par le témoignage, tandis que l’assistance semblait mesurer la dureté du récit.

Les autres journalistes ayant séjourné au CC1 ont également été invités à prendre la parole. Solange Djuikam a notamment livré un témoignage particulièrement évocateur : « J’y ai survécu grâce à mon masque. »

Encore visiblement sous le choc, les quatre journalistes ont ainsi raconté leur expérience devant le ministre et les représentants de la profession.

Cette audience a donc permis aux journalistes concernés de revenir directement sur leur arrestation et leurs conditions de détention, tandis que le SPIC a réaffirmé ses principales revendications : des excuses publiques, la réparation du préjudice subi et l’arrêt de la procédure engagée dans cette affaire.

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