Cameroun / Rdpc dans le Haut-Nkam : Étienne Tiako, l'homme que la base veut au sommet
Depuis la disparition de l'Honorable Claude Juimo Monthé, la section départementale du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc, au pouvoir) du Haut-Nkam cherche un cap. Entre pression de l'opposition et attentes des militants, un nom s'impose sur le terrain : celui d'Étienne Tiako, technocrate discret que la base présente comme l'héritier naturel du bastion.
Dans l'Ouest-Cameroun, le Haut-Nkam n'est pas une circonscription comme les autres pour le Rdpc. Depuis le départ de son patriarche historique, la délégation permanente départementale peine à retrouver son élan, au moment même où les échéances électorales locales approchent et où des formations rivales, portées notamment par l'Hon. Pierre Kwemo (Ums) et le Mouvement pour la renaissance du Cameroun, affichent leurs ambitions locales.
Pour la hiérarchie du parti au pouvoir, à commencer par le président national Paul Biya et le secrétaire général du Comité central du Rdpc Jean Nkueté, l'enjeu dépasse la simple question de personnes : il s'agit de verrouiller un territoire stratégique avant que le flottement interne ne profite à l'adversaire. Plusieurs figures locales circulent dans les cercles de décision, mais aucune ne semble encore avoir emporté l'adhésion unanime.
Le profil qui rassemble
C'est dans ce climat d'incertitude qu'un consensus émerge progressivement autour d'Étienne Tiako. De Kekem à Bafang, en passant par Bana et Bandja voire Bakou, les militants évoquent avec insistance ce ressortissant discret, surnommé localement le « pétrolier du département », qu'ils rapprochent volontiers des grandes figures qui ont façonné la vie politique régionale.
Son atout principal tient à sa réputation d'homme resté à l'écart des querelles internes, dans un contexte où certains cadres dénoncent un désordre organisationnel et des choix d'investiture jugés déconnectés du terrain. Une partie de la base plaide même pour un attelage complémentaire, avec l'opérateur économique Emmanuel Neossi à ses côtés, en raison de sa proximité reconnue avec les populations locales.
Un parcours financier de haut niveau
L'assise d'Étienne Tiako repose sur un itinéraire professionnel construit loin des projecteurs politiques, mais au cœur de la finance internationale. Formé à l'ingénierie financière, il a fait ses armes dans le secteur pétrolier avant de fonder son propre cabinet et de se positionner comme entrepreneur dans l'énergie.
Cette double compétence, gestion et ingénierie financière, nourrit l'espoir d'une partie des cadres régionaux : celui de voir arriver un profil capable d'apporter rigueur et vision économique à un parti confronté, ici comme ailleurs, à des exigences croissantes de performance et de transparence.
La décision reviendra à Etoudi
Reste que l'intéressé demeure aujourd'hui retenu par des engagements professionnels à l'international, ce qui alimente les appels du terrain réclamant sa présence physique plus soutenue. Le soutien matériel n'a jamais manqué, disent ses soutiens ; c'est désormais son implication directe que la base souhaite voir se confirmer.
Au bout du compte, c'est au chef de l'État, arbitre habituel des grands équilibres internes au Rdpc, que reviendra la décision finale. Une chose semble toutefois acquise sur le terrain : le Haut-Nkam attend un signal fort pour aborder les prochains scrutins en ordre de marche.






