La crevette camerounaise en route vers la labélisation internationale
Un atelier de deux jours a débuté mardi 21 avril 2026 à Douala pour engager les acteurs de la filière crevettière dans le processus d’obtention d’une indication géographique (IG) auprès de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI).
Organisée avec l’appui de la FAO, la rencontre réunit pêcheurs, mareyeuses, transformateurs et représentants institutionnels autour d’un objectif commun : faire de la crevette camerounaise un produit reconnu et protégé sur les marchés internationaux. Le représentant de l’organisation FAO au Cameroun a d’emblée posé l’enjeu : il s’agit de présenter la valeur réelle de ce crustacé au-delà des frontières nationales. Un appel qui résonne d’autant plus fort que le Cameroun dispose d’un potentiel halieutique considérable. Selon Dr Viban Victor, délégué régional du ministère de l’élevage, des pêches et des industries animales (minepia) pour le Littoral, qui a présidé l’ouverture des travaux, le pays ne recense pas moins de sept variétés de crevettes sur un littoral particulièrement riche.
Un précédent qui fait rêver la filière
Le chemin à parcourir est balisé par une réussite déjà acquise : le poivre de Penja, première IG camerounaise labélisée, qui assaisonne aujourd’hui les plats servis à bord des vols Air France. Si la crevette obtient son IG, le Cameroun en compterait quatre. L’ambition est clairement formulée : conquérir les marchés de l’Union européenne, des États-Unis et d’autres débouchés à haute valeur ajoutée. Pour y parvenir, la filière devra se structurer. « Il faut recadrer les pêcheurs, les mareyeuses et les transformateurs pour que chacun soit dans son maillon. Ça nous permettra à chacun à son niveau de valoriser son produit », souligne Louis Martin Imoulanok, président de la Plateforme chaîne de valeur crevette du Cameroun (Placrecam), qui salue l’initiative et appelle à un accompagnement durable des acteurs.
Le délégué régional du Minepia-Littoral, qui partage cette vision, détaille les prochaines étapes : « L’étape de Douala c’est la première. Après ceci, il y aura un diagnostic, une descente sur le terrain et d’autres étapes qui vont suivre », précise Dr Viban Victor. Il insiste également sur un volet social : améliorer les conditions de travail des producteurs et rehausser leur niveau de professionnalisme.
Un patrimoine à défendre
Sur le terrain, les premiers concernés attendent beaucoup de cette démarche. Ferdinand Moukang, pêcheur artisanal basé à Idabato dans la région du Sud-Ouest, ne cache pas son attachement à cette ressource. « Cette activité de pêche des crevettes, nous l’effectuons depuis des années. Nous sommes intimement liés à ce crustacé dont le Cameroun tire sa paternité. Et si aujourd’hui on aboutit à la labélisation de ce patrimoine national, ça sera une grande nouvelle pour nous acteurs », confie-t-il.
L’atelier se poursuit ce mercredi 22 avril 2026, avant qu’une phase de diagnostic sur le terrain ne vienne ouvrir la suite concrète du processus.






