L'accès à une éducation de qualité dans les zones en crise : e - Mentor appelle à une synergie d'action pour améliorer le quotidien des personnes déplacées internes.

9 ans après le début de la crise anglophone le Cameroun a enregistré près de 960 000 personnes déplacées internes dont 480 000 enfants rendant les conditions de vie mais davantage l'accès à l'éducation difficile pour ces derniers. Face à la nébuleuse, sont nées des initiatives pour un meilleur accompagnement des personnes vulnérables et personne déplacés internes. Et parmi elles e-Mentor Africa une startup edtech par ailleurs organisation à impact social qui, lors de cette rencontre de Yaoundé, remet au goût du jour l'impératif d'une collaboration inter structurelle pour une meilleure prise en charge des personnes déplacées internes.

La question de l'accompagnement des personnes déplacées internes victimes des crises dans le nord-ouest et le sud-ouest du Cameroun pour une éducation de qualité était au coeur des débats ce lundi au palais des congrès de Yaoundé. Regroupant les organisations de la société civile leaders associatifs, parlementaires jeunes et autorités administratives, ce Dialogue politique de haut niveau sur le droit à l'éducation et la continuité de l'éducation pour les personnes déplacées internes vise à trouver des stratégies pour augmenter les investissements dans des solutions numérique d'accès à l’éducation adaptées aux faibles ressources et au système national. 

Piloté par e-Mentor, Une startup EdTech locale basée à Buea qui utilise les NTIC pour permettre aux étudiants des zones en crise d'accéder à une éducation de qualité depuis leurs domiciles, cette rencontre a permis à plusieurs jeunes dont la crise n'a pas fait de cadeau à mettre un nom sur leur traumatisme et sur leurs réalités. Tel est le cas de Ethel LEH DUFE jeune déplacé interne aujourd'hui installé à Yaoundé.

_"nous sommes quittés de Kumbo. La crise m'a gravement affecté car j'ai arrêté l'école pendant un an. Et pendant ce temps, mes rêves, mes ambitions et les choses que je voulais accomplir, n'ont pas été faites. J'ai dû prendre une autre route pour arriver là où je suis aujourd'hui. Mais malgré ça, je pense que j'ai trouvé la force d'avancer parce qu'il y'avait les personnes qui m'ont soutenue. Et j'encourage que les autres à davantage soutenir les déplacés internes. Avec une ONG de la place, nous soutenons les personnes déplacées pour qu'elles ne se sentent pas seules.

Nous les encourageons à arriver et à continuer de poursuivre ce qu'elles veulent faire.

Elles peuvent toujours changer de direction et donner un autre sens à leur vie. On les forme en entrepreneuriat ; Comment faire des produits et les mettre dans le marché. Le problème majeur des gens déplacés, c'est le financement. Ils n'ont pas les moyens pour investir dans leur activité. Donc on les aide à avoir les sources de revenus pour assurer   les besoins de première nécessité de leurs enfants notamment l'éducation.e-Mentor vient pour faciliter et proposer des politiques que nous pouvons présenter au gouvernement, avec les données réelles sur ce que les femmes et les personnes déplacées subissent*_ . 

Une invitation saluée par le ministère de l'éducation secondaire et celui de la jeunesse et de l'éducation civique partis prenants des discussions. En plus des témoignages, des partages d'expérience, des discussions pour trouver des stratégies d'accompagnement c'était l'occasion pour Léonard LOGMO Sous-directeur de l'éducation civique en milieu extrascolaire, représentant du MINJEC de présenter les facilités et les actions mises en place par le gouvernement pour l'accompagnement des personnes déplacées internes.

_"Oui, j'ai été déjà satisfait au nom de M. le ministre de la Jeunesse et de l'Éducation civique de participer à ce dialogue qui permet effectivement de comprendre que sur le plan éducatif, on ne doit laisser personne de côté et la prise en compte des personnes déplacées internes est une thématique forte qui naturellement devrait impacter tous les décideurs du système éducatif et pas seulement du système éducatif, l'ensemble du gouvernement qui est d'ailleurs concerné par le sujet et qui effectivement multiplie des mesures pour accompagner de manière décente et surtout de manière régulière ces personnes qui ont souffert de la guerre dans le nord-ouest, le sud-ouest et dans le nord des suites de Boko Haram.

J'ai été satisfait et je pense que les recommandations qui ont été faites c'est la prise en compte de l'information et de la communication sur lesquelles nous avons insisté, mais surtout qu'effectivement il y a une prise en compte du suivi des résolutions de cette activité."_ 

Bientôt une dizaine d'années que les après de la crise continue de bouleverser le quotidien des camerounais de la zone anglophone et la question de l'accès à l'éducation se pose avec acuité. En plus des initiatives de e-Mentor plusieurs mouvements associatifs et ONG aussi bien locales qu'international se mobilise au quotidien pour apporter à ces derniers un brain d'espoir et une chance de réécrire leur avenir.

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