Cameroun : des soldats mieux armés face à la menace des EEI
Sous un soleil ardent, la cour d’honneur du 21ème Régiment du Génie, à Douala, vibrait hier mardi au son de la fanfare militaire. Officiers, formateurs et invités étaient réunis pour célébrer la fin d’un stage pas comme les autres : la formation des formateurs contre les engins explosifs improvisés (EEI), menée en partenariat avec l’armée allemande.
Le colonel Jean Héribert Nko’o Nko’o, directeur du Génie militaire, a donné le ton d’une cérémonie à la fois solennelle et symbolique. Après la revue des troupes et l’exécution de l’hymne national, le lieutenant-colonel Célestin Mbou Fockem, commandant du Centre spécialisé d’instruction d’application et de perfectionnement du Génie (Csiap-Gen), a rappelé les objectifs de la formation. Lancé le 15 janvier 2026, le stage « a permis aux participants d’acquérir de nouvelles compétences afin de transmettre à leur tour ce savoir à leurs camarades en unité ou en mission de maintien de la paix », a-t-il déclaré.
Former pour mieux protéger
Placée sous le regard attentif de la première secrétaire de l’ambassade d’Allemagne au Cameroun, Maike Weitzel, la cérémonie a illustré la solidité de la coopération entre les deux armées. « Il s’agit d’une formation de haut niveau, recommandée par les Nations Unies, pour renforcer la lutte contre le terrorisme au Cameroun et dans les pays voisins », a souligné la diplomate.
Le lieutenant-colonel Presenting, chef de l’équipe mobile allemande de la Bundeswehr, s’est réjoui de « la réussite de cette première session », centrée sur la protection des vies humaines, des véhicules et des infrastructures. Pendant quatre semaines, les stagiaires se sont exercés à identifier et neutraliser les EEI, une menace grandissante sur le terrain.
Au total, 55 militaires — dont deux femmes — ont reçu leurs parchemins, avant un défilé militaire et un vin d’honneur. Parmi eux, le soldat de 1ʳᵉ classe Kerbami Paul William, du 41ᵉ Régiment du Génie à Maroua, confie : « Ce stage nous a vraiment changés. On a tellement appris qu’aujourd’hui on n’est plus les mêmes, on est calés, prêts au combat. » Le sergent Patoukité Herman, du 11ᵉ Régiment du Génie, ajoute : « Je peux désormais intervenir sur un EEI, sauver mes camarades et donner les bonnes consignes en cas d’embuscade. »
Pour le lieutenant-colonel Mbou Fockem, cette formation marque une étape majeure dans la reconnaissance internationale du savoir-faire camerounais : « Nous avions déjà la compétence, mais il fallait l’adosser aux standards onusiens. Désormais, notre expertise pourra rayonner au-delà de nos frontières au profit des opérations de paix. ». Un renforcement des capacités de l’armée camerounaise grâce à la coopération allemande.
En repartant vers leurs garnisons respectives, les 55 nouveaux formateurs emportent bien plus qu’un parchemin : la responsabilité de transmettre un savoir vital, celui qui, demain, sauvera des vies sur le champ de bataille.






