Socadel au Cameroun : le nouveau top management prend service à Douala et hérite d’un secteur électrique sous tension
Le siège de Koumassi, à Douala, a servi de cadre à la cérémonie de prise de service effective de la nouvelle équipe dirigeante de la Société camerounaise d'électricité (Socadel), vendred 08 mai 2026. Un moment solennel, précédé de la signature de documents de passation entre le directeur général sortant d’Eneo, Amine Homman Ludiye, et le directeur général entrant, le Pr Oumarou Hamandjoda, en présence du ministre camerounais de l’Eau et de l’Énergie (MINEE), Gaston Éloundou Essomba.
Prise de service officielle à Koumassi. Le directeur général de la Socadel, Pr Oumarou Hamandjoda, a reçu ses missions du ministre de l’eau et de l’énergie : redresser les finances, élargir la clientèle et améliorer la qualité du service en 100 jours. La cérémonie, tenue dans la salle des banquets, a été marquée par la remise des équipements de protection individuelle (EPI) au nouveau DG par le membre du gouvernement — symbole fort de l’exigence de terrain — et par des bouquets de fleurs offerts par les Energizing ladies de la Socadel au DG sortant d’Eneo, avant que les directeurs régionaux ne rendent hommage à leur nouvelle hiérarchie.
Un secteur électrique camerounais au bord du déséquilibre financier
Le contexte est loin d’être anodin. Dès son installation à Yaoundé le 05 mai dernier, au lendemain du décret présidentiel actant la transformation d’Eneo en société à capitaux publics — l’État ayant acquis les actions autrefois détenues par Actis —, le nouveau management a été mis face à la réalité du secteur. Le ministre Éloundou Essomba n’a pas édulcoré le tableau : « Le secteur de l’électricité fait face à un déséquilibre financier structurel, à des tensions de trésorerie persistantes, à une dégradation de la qualité de service et à une perte progressive de la confiance des usagers ».
Le DG Hamandjoda, lui-même, a décrit sans détour les fragilités héritées : déficit de production dans le septentrion aggravé par la sécheresse, déséquilibre entre l’offre et la demande dans le réseau interconnecté Sud, et surtout « une fragilité financière profonde » qui « freine les investissements, affaiblit la chaîne de valeur et ralentit l’amélioration du service. » Une réalité que le nouveau directeur général entend affronter collectivement : « Le statu quo n’est plus possible. Le redressement est une exigence », annonce-t-il.
100 jours pour transformer la distribution de l’électricité au Cameroun
Le gouvernement a fixé une feuille de route précise. Dans les 100 premiers jours suivant la prise de service, la Socadel devra engager des actions fortes sur plusieurs fronts. Gaston Éloundou Essomba a été explicite : « Tout le monde doit payer sa facture d’électricité », martelant la priorité du recouvrement des recettes. Il a enjoint au nouveau management d’élargir la base clientèle, de poursuivre la lutte contre « ces voleurs d’électricité dans les coins et recoins des quartiers et villages », via une Brigade nationale de lutte contre la fraude déjà constituée.
Le remplacement des poteaux bois par des poteaux béton, la migration vers les compteurs prépayés et le déploiement du Smart Grid figurent également parmi les chantiers urgents. Pr Oumar Hamandjoda a pour sa part placé la réussite de cette mission sous le signe de la solidarité nationale : « Cette transformation exige l’implication de tous. Les clients, les associations de consommateurs, les leaders d’opinion et les citoyens doivent devenir des véritables partenaires du changement. » Il a également appelé les partenaires du secteur — EDC, SONATREL, Globeleq, NHPC — à « agir dans la cohésion », car, a-t-il tranché, « aucun acteur ne peut réussir seul. »
Côté hommages, le ministre a tenu à saluer le travail de l’équipe sortante : « Je tiens particulièrement à rendre un vibrant hommage à M. Amine Homman, dont le passage restera mémorable pour notre secteur », a-t-il déclaré, lui souhaitant succès dans ses futurs projets. La page Eneo est tournée. Celle de la Socadel s’ouvre, sous pression, mais avec ambition.






