ZLECAf : une opportunité historique pour transformer l’économie africaine, selon Guy Gervais Bouanga

Pour Guy Gervais Bouanga, secrétaire permanent du Comité national de concertation et du dialogue économique entre le secteur privé et les administrations publiques du Congo, la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf) constitue l’une des initiatives économiques les plus ambitieuses jamais lancées sur le continent. Entrée officiellement en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2021, elle réunit aujourd’hui 53 pays signataires autour d’un même objectif : créer un vaste marché commun capable de stimuler les échanges, la production et la croissance économique en Afrique.

Toutefois, Guy Gervais Bouanga estime que les premiers résultats restent en deçà des attentes. Malgré l’existence de ce marché commun, les échanges commerciaux entre pays africains représentent encore moins de 20 % du commerce du continent. Cette situation traduit, selon lui, une forte dépendance vis-à-vis des partenaires extérieurs. À titre d’exemple, il souligne que les exportations chinoises vers l’Afrique demeurent largement supérieures aux échanges réalisés entre plusieurs économies africaines, alors même que de nombreux produits pourraient être fabriqués et commercialisés sur le continent.

Pour l’expert en développement du secteur privé, la ZLECAf offre pourtant un potentiel considérable. En s’appuyant sur les estimations du Fonds monétaire international (FMI), il affirme qu’elle pourrait accroître de plus de 50 % le commerce intra-africain, améliorer le revenu réel des populations, stimuler les exportations du continent et générer près de 18 millions d’emplois. À l’horizon 2035, environ 50 millions de personnes pourraient également sortir de l’extrême pauvreté grâce aux retombées du marché unique africain.

Ce dernier insiste néanmoins sur un point essentiel : la réussite de la ZLECAf dépendra avant tout du secteur privé. Selon lui, ce sont les entreprises, et non les gouvernements, qui créent durablement des emplois et de la richesse. Il juge donc indispensable de mettre en place un environnement favorable à l’investissement et de mieux informer les PME sur les opportunités offertes par le libre-échange continental. Les administrations publiques sont ainsi appelées à travailler en étroite collaboration avec les acteurs économiques afin de renforcer la compétitivité des entreprises africaines.

Guy Gervais Bouanga met également en avant le rôle stratégique des Zones Économiques Spéciales. Bien que leur contribution au développement économique africain demeure encore limitée, il considère qu’elles constituent un levier efficace pour attirer les investissements, développer l’industrie locale et créer des emplois. Les expériences menées au Gabon, au Bénin et au Togo illustrent, selon lui, le potentiel de ce modèle pour accélérer l’industrialisation du continent.

Par ailleurs l’expert reconnaît que la mise en œuvre de la ZLECAf comporte plusieurs défis. La réduction progressive des droits de douane pourrait entraîner une baisse des recettes fiscales pour certains États, notamment les économies les plus vulnérables. Mais il estime que ces pertes ne doivent pas être perçues comme un coût définitif : elles pourraient être compensées par une croissance économique plus forte, à condition que les pays africains préparent efficacement cette transition.

En conclusion, Guy Gervais Bouanga considère la ZLECAf comme une opportunité historique que l’Afrique ne peut se permettre de manquer. À ses yeux, le succès de cet accord reposera sur trois conditions essentielles : une meilleure appropriation de la ZLECAf par le secteur privé, le développement des Zones Économiques Spéciales et la mise en place de systèmes de paiement performants pour faciliter les échanges entre les pays africains.

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