Musique : Michael Kiessou ouvre les portes de Spread Love au Refuge des PrincesMichael Kiessou ouvre les portes de Spread Love au Refuge des Princes
C’est dans l’écrin feutré de l’hôtel Le Refuge des Princes, niché à Yassa-Yatchika dans l’arrondissement de Douala 3ème, que Michael Kiessou a choisi de briser le silence. Vendredi 20 mars 2026, l’artiste musicien camerounais — établi à Londres depuis plus de cinq ans — a convié un cercle trié sur le volet de médias et d’invités à une listening party autour de son prochain album Spread Love. Une soirée intime, chargée d’émotions, qui marque officiellement le retour en scène d’un artiste dont l’absence médiatique avait fini par alimenter les spéculations.
C’est un album taillé dans la fidélité et l’audace. Dix titres. Voilà ce que contient ce projet longuement mûri, préparé entre Londres et Douala, avec à la barre un arrangeur que l’artiste qualifie lui-même d’« hyper talentueux ». Ce soir-là, le public a pu apprécier des extraits de “Vanité“, “Ne mangez pas seul”, “Insatisfait”, “Yémalé”… Des morceaux qui traversent les registres sans jamais perdre de vue l’identité musicale de Kiessou. Car si l’album intègre des accents d’amapiano — une incursion dans la modernité —, il reste profondément ancré dans le Benskin et le Samali, ces rythmes de l’Ouest-Cameroun que l’artiste revendique comme colonne vertébrale de son œuvre.
Côté featurings, les noms sont éloquents : André-Marie Talla, Petit Pays, Fadil le Sorcier, Minks, et d’autres. « Je pense que pour rester fidèle à ce que le public attend de moi, il fallait que je travaille dans ce registre-là et c’est ce qu’on a fait », explique Michael Kiessou, précisant que certains titres comme “Jalousie” représentent « encore une autre facette du Benskin », cette fois accompagné de Fadil le Sorcier et Jumo Kayem. “Insatisfait”, lui, est une reprise d’André-Marie Talla, intégrée dans ce qu’il appelle son « Samali World ».
Une réconciliation historique avec les médias
Au-delà de la musique, cette soirée revêtait une signification particulière. Michael Kiessou en convient lui-même : « C’était quelque chose d’avenir mais à l’occasion de cette listening party vous avez anticipé », dit-il, en saluant l’initiative d’Aristide Bounah, promoteur de l’établissement hôtelier. Il parle d’une « réconciliation » avec les médias, lui qui, de son propre aveu, s’était éloigné de cette posture depuis un moment.
Du côté du Refuge des Princes, on assume pleinement ce choix. « Ce n’est pas anodin parce que Michael Kiessou c’est le meilleur de sa génération », affirme Aristide Bounah, ajoutant que l’artiste a « pris du Benskin, que nous dansons à l’Ouest du Cameroun, il a fait des injections à l’intérieur et le Cameroun a aimé ». Pour le promoteur, l’enjeu dépasse le seul événement : « Le Benskin, c’est-à-dire la tradition, nous sommes en 2026, doit s’arrimer avec la modernité. Il faudrait que les jeunes étudiants, les élèves de 18 ans puissent danser sous le rythme de Michael Kiessou », ajoute-t-il.
Une chose est sûre : “Spread Love” n’est plus un secret bien gardé. L’album devrait voir le jour dans environ deux mois, le temps de finaliser les mix et mastering. Kiessou — dont le patronyme signifie « allumé », comme un éclaireur — a visiblement rallumé la flamme.






