53 millions de FCFA pour les femmes entrepreneures de Douala : l’Asfeccam/Asbbic lance la Phase 3 de son projet de financement
La Salle de Fêtes du Marché Foumi, à New-Bell, a servi de cadre ce mardi 02 juin 2026 à la cérémonie officielle de remise de financements aux femmes entrepreneures et commerçantes de la capitale économique. Organisée par l’Association des femmes entrepreneures et commerçantes du Cameroun (Asfeccam/Asbbic) en partenariat avec la microfinance Cepac Solidarité, sous le co-parrainage du Minproff, du Mincommerce et du Minpmeesa, l’événement a marqué le lancement de la troisième phase du Projet Asbbic, avec une enveloppe globale de 53 millions de francs CFA au profit de 50 bénéficiaires.
Bien avant la remise des chèques, c’est une session de formation sur le financement des petits commerces qui a ouvert la journée. Animée par Sephorah Foumi, présidente nationale de l’Asfeccam/Asbbic, cette séance a posé les bases d’une utilisation responsable du crédit. « On prend le crédit pour booster son business », a-t-elle rappelé, insistant sur l’impératif du remboursement dans les délais. L’objectif affiché : renforcer les fonds de roulement et permettre aux bénéficiaires de solder leurs dettes existantes avant de relancer leur activité sur des bases saines.
Dans son discours d’ouverture, Sephora Foumi a dressé un bilan éloquent des phases précédentes. Les phases 1 et 2 du projet ont permis d’accompagner 100 femmes à travers plus de 32 millions de francs cumulés en microcrédits. Résultat remarquable : un taux de remboursement de 96 %, preuve, selon la présidente, que « les femmes du secteur informel remboursent mieux leur crédit » que bien des opérateurs économiques classiques.
Fort de cette preuve de concept, le projet passe désormais à la vitesse supérieure avec la phase 3, pensée comme un véritable « changement d’échelle ».
Cinquante nouvelles entrepreneures issues des secteurs de la transformation agricole, de l’élevage, de l’artisanat, de l’économie circulaire et du commerce digital bénéficieront d’enveloppes allant de 350 000 à 10 millions de francs CFA. Une innovation de taille : un différé de paiement de deux mois, permettant aux bénéficiaires de démarrer leur activité avant de commencer à rembourser. « C’est la finance humaine », a résumé Mme Foumi.
Cepac Solidarité : innover là où les banques classiques échouent
Partenaire stratégique de l’opération, Cepac Solidarité a apporté sa propre lecture du projet. « L’enveloppe de 53 millions n’est que le premier pas », a indiqué Guy Bertrand Kamaha, directeur commercial de l’institution, qui a mis en avant le modèle de financement groupé comme outil de mutualisation des risques. « Quand vous prenez 50 personnes dans un groupe, le risque est dilué. Le groupe se tient solidairement », a-t-il expliqué. La microfinance, forte de 29 ans d’existence, propose une formule inédite : sur la base d’une épargne constituée, elle accorde jusqu’à trois fois ce montant en crédit, sans autre garantie. Un dispositif pensé pour toucher les couches de la population restées aux marges du circuit bancaire traditionnel. « Nous passons au marché chaque jour pour savoir si ça va », a-t-il ajouté, soulignant l’accompagnement quotidien des bénéficiaires sur le terrain.
L’État aussi n’est pas reste. Le représentant du délégué régional du Minpmeesa-Littoral a, quant à lui, réaffirmé l’engagement de l’État aux côtés des femmes entrepreneures, évoquant un « pacte entre l’État et le secteur privé » pour bâtir une économie où aucune femme n’est laissée au bord du chemin. L’autonomisation économique des femmes y a été présentée comme une priorité, non un accessoire, des politiques publiques.
Des bénéficiaires qui témoignent
Sur le terrain, les témoignages ont donné chair aux chiffres. Elisabeth Ngoe, membre de l’Asbbic depuis quatre ans, a confié que le soutien de l’association l’a amenée à développer ses affaires jusqu’à se rendre en Chine pour ses approvisionnements. Merveille Precillia Ekomba, une autre bénéficiaire, a exprimé sa gratitude et ses ambitions : « Je compte booster mon activité dans la mode vestimentaire et peut-être ouvrir une deuxième activité dans la cosmétique ou l’alimentation. »
Pour être éligibles à ce crédit, les candidates doivent être membres actives de l’Asbbic, disposer d’une activité génératrice de revenus, d’un lieu de commerce fixe et d’une bonne moralité. Le remboursement s’effectue sur 14 mois, dont deux de grâce. L’objectif final du projet : atteindre 1 000 femmes financées à travers le Cameroun.






