Entrepreneuriat féminin : à Douala, le SAIF 2026 transforme les rêves de tiroir en projets bancables

Panels sur le financement, prix de l’excellence féminine, demi-finale de Miss mum Cameroon 2026 : la septième édition du Salon africain de l'investissement féminin (SAIF 2026) sous la marraine l'Honorable Nourane Fotsing, a transformé ce samedi 07 mars en journée de combat pour la femme camerounaise. Et ce n’est pas fini. Le 08 mars, pendant que d’autres célébreront, avec leurs morceaux d'étoffe, Mélissa Kouya et Invest with mum in Africa réuniront les femmes qui entreprennent autour du Dîner des Reines du Business — parce que cette année, mars n’est pas un mois de fleurs, mais de décisions.

Sur l’esplanade réservée aux exposantes, l’enthousiasme était palpable. Les stands affichaient complet, les visiteurs se succédaient, et les chiffres d’affaires se faisaient. La présence remarquée de la Miss Cameroun 2023, Princesse Ndoum Issie a ajouté à l’éclat de la journée, témoignant de l’attractivité croissante que le SAIF exerce bien au-delà du seul cercle entrepreneurial. Bien au-delà, l’ambition affichée reste de lever les verrous du financement des projets portés par les femmes principalement.

Le panel central de cette édition a attaqué frontalement le thème qui fâche : “Comment lever les barrières financières qui freinent les femmes dans leurs projets entrepreneuriaux ?”. Dieudonné Mbeng, analyste de crédit, auteur et consultant, y a apporté une clarté désarmante. « Beaucoup d’entrepreneurs, lorsqu’ils viennent voir le banquier, la première chose qu’ils disent souvent, c’est qu’ils ont leur entreprise dans la tête. Par contre, le banquier demande des documents assez importants qui permettent à ce dernier d’analyser votre capacité à remboursement. Parce que c’est sur cette base-là qu’il vous accompagne, pas sur la base de la garantie », a-t-il expliqué, avant de trancher net : « Les banques financent, mais elles ont besoin de projets qui sont palpables, concrets. Et la banque, comme j’aime aussi le dire, ce n’est pas une ONG », claque M. Mbeng.

Mélissa Kouya, elle, a prolongé cette pédagogie avec l’annonce de Kouya Éco Caisse, un outil digital d’épargne quotidienne pensé pour les femmes qui n’ont pas accès aux produits bancaires classiques. « Si aujourd’hui les 50 francs, 100 francs que nous utilisons souvent pour acheter des bonbons devenaient aujourd’hui une stratégie pouvant nous élever demain à travers nos business », a-t-elle lancé, résumant en une phrase toute la philosophie du projet.

La journée a également consacré le Prix de l’excellence féminine Mélissa Kouya, avec 13 finalistes issues de la cosmétique, du textile, de l’agroalimentaire, du social, de la technologie, en lice pour remporter un million de francs CFA. Le Prix d’icône de l’investissement féminin a, quant à lui, été remis à Yolande Bodiong, promotrice et femme de média, visiblement touchée par la distinction. « Vous savez, vous pouvez poser des actions, vous pouvez mener des actions la plupart du temps, mais pas forcément ressentir tout de suite que ça a un impact. Et là, de me retrouver là et d’avoir cette belle surprise, je dis merci, mais c’est également une grosse responsabilité », a-t-elle confié, avant d’appeler à ce que le mois de mars soit celui « où l’on réfléchit à comment sortir véritablement de cet enfer qui fait en sorte que la femme africaine continue d’être considérée comme celle qui n’est pas capable. »

Le 08 mars, place au Dîner des Reines du Business

Le lendemain de ce SAIF ne sera pas un jour de repos. Le 08 mars, Journée internationale des droits des femmes, Invest with mum in Africa et Mélissa Kouya organisent dans un lieu privé de Douala un événement d’un autre genre : Le Dîner des Reines du Business. Loin des célébrations convenues, ce dîner exclusif est pensé comme un espace stratégique — des échanges profonds, des rencontres à forte valeur ajoutée, des opportunités réelles de collaboration entre femmes dirigeantes, influentes et audacieuses. Quelques tickets restent disponibles sur votafrica.com.

« L’investissement dans les femmes ne doit pas rester dans les discours », avait averti Mélissa Kouya en ouverture du SAIF 2026. Le message, cette année, semble avoir été entendu. Une ambition née en 2018, qui, édition après édition, façonne un écosystème où la femme camerounaise cesse d’attendre pour prendre sa place dans l’économie.

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