Affaire SOTICAM Bekoko : le SYNAJIC recadre le traitement médiatique après un accord signé sous l’égide de l’Inspection du Travail
Depuis plus de 48 heures de polémique sur les réseaux sociaux autour des conditions de travail à l’usine SOTICAM de Bekoko, le Syndicat National des Journalistes Indépendants du Cameroun monte au créneau. À travers son communiqué N°004/2026, le SYNAJIC dénonce un traitement sensationnaliste des faits et appelle à plus de rigueur déontologique, au lendemain d’une concertation tripartite ayant abouti à un accord écrit.
La controverse avait éclaté sur les réseaux sociaux, portée notamment par le lanceur d’alerte N’zui Manto, qui dénonçait les conditions de travail au sein de l’usine SOTICAM de Bekoko. Mais le 13 juin 2026, une réunion tripartite réunissant la Direction de SOTICAM, les délégués du personnel, les organisations syndicales et l’Inspection du Travail du Moungo a permis de poser les faits sur la table.
Le SYNAJIC, qui avait dépêché un observateur à cette concertation, en tire des conclusions claires. « Les salaires versés par SOTICAM respectent la Convention collective nationale des industries agroalimentaires », indique le syndicat, précisant qu’aucun élément ne justifie juridiquement les qualificatifs véhiculés en ligne. Un accord écrit a par ailleurs été signé, prévoyant l’intégration des primes de salissure et d’assiduité dès juillet 2026, la requalification des employés polyvalents, ainsi que l’organisation d’une cérémonie de remise de médailles du travail. Le Délégué Départemental du Travail et de Sécurité Sociale a validé cet accord et appelé à la reprise immédiate des activités, après vingt-quatre heures d’arrêt.
Le SYNAJIC épingle le sensationnalisme
Au-delà du fond social, c’est le traitement médiatique de l’affaire qui cristallise l’indignation du syndicat de journalistes. Le SYNAJIC rappelle que la liberté d’expression ne saurait s’affranchir des règles cardinales du métier : recoupement des sources, respect du contradictoire et sens de la proportionnalité.
Qualifier de « conditions esclavagistes » une entreprise implantée depuis 2002, employant près de mille personnes et dialoguant sous la supervision de l’Inspection du Travail, relève selon le SYNAJIC « du sensationnalisme préjudiciable ». Le syndicat souligne en outre que SOTICAM est un acteur de souveraineté alimentaire, dont les marques Dolait, Tam-Tam et Luna garnissent quotidiennement les tables de millions de Camerounais. Fragiliser son image sur la base d’images sorties de leur contexte, avertit le SYNAJIC, c’est prendre le risque de détruire des emplois et de décourager l’investissement privé local.
Un appel à la responsabilité des médias et influenceurs
Sans nier les revendications légitimes des travailleurs, le SYNAJIC tient à distinguer un conflit social en cours de négociation d’un scandale avéré. Le syndicat invite journalistes, blogueurs et influenceurs à prendre attache avec toutes les parties avant toute publication, et à ne pas céder à la logique du buzz au détriment de la vérité.
« Le SYNAJIC reste solidaire de tous les travailleurs du Cameroun dans leur quête de meilleures conditions, mais cette lutte doit se faire dans la vérité et non dans la manipulation de l’opinion », conclut le communiqué signé par le président national Alex Koko a Dang. Un positionnement qui, au-delà de l’affaire SOTICAM, pose une question de fond sur l’usage croissant des réseaux sociaux comme tribunaux médiatiques, au détriment du droit à la présomption d’innocence des entreprises.






