« De manière globale, le bilan est très positif pour le Fonds routier », selon Aubin Essaïe Moussa au sortir du SAGO 2026
Votre web-média Haurizon News fait l’économie à ses lecteurs de l’interview qu’a accordée Aubin Essaïe Moussa, administrateur du Fonds routier du Cameroun, à nos confrères de la CRTV Poste National dans l’émission “Dimanche Midi” de ce jour. Invité à dresser le bilan de la participation de son institution au quinzième Salon de l’action gouvernementale (SAGO 2026), qui vient de refermer ses portes à l’esplanade de l’Hôtel de Ville de Yaoundé.
Après avoir drainé quelque 250 000 visiteurs, 250 exposants et une vingtaine de conférences publiques retransmises en direct, l’administrateur du Fonds routier a livré un entretien dense, chiffré et sans langue de bois sur l’état des routes au Cameroun. Le salon aura été une vitrine saisie à plein. Pour le Fonds routier, prendre part au SAGO 2026 n’était pas une formalité protocolaire. La plateforme — qui a réuni pendant plusieurs jours (du 06 au 13 juin 2026) à l’esplanade de l’Hôtel de Ville de Yaoundé un public massif de 250 000 visiteurs, 250 acteurs économiques exposants et une vingtaine de conférences publiques diffusées en direct par les médias — a offert à l’institution une occasion rare de dialoguer directement avec les usagers.
L’administrateur Aubin Essaïe Moussa l’a pleinement assumé, déclinant la communication du Fonds routier autour de quatre axes majeurs : le financement des collectivités territoriales décentralisées, le contrôle des chantiers, la réforme institutionnelle et la dématérialisation des procédures.
Premier message martelé aux visiteurs des stands : le Fonds routier ne finance pas que les ministères techniques tels que les Travaux publics, le MINHDU ou le MINTransports. Il alimente aussi, et de façon substantielle, les communes et les Conseils régionaux. Les chiffres avancés sont éloquents : entre 2018 et 2026, les communes camerounaises ont reçu 132 milliards de francs CFA pour l’entretien de leurs voiries. Entre 2023 et 2026, les conseils régionaux ont bénéficié de 22 milliards supplémentaires, portant le total des transferts aux CTD à 154 milliards de francs CFA.
Le terrain comme boussole : 300 projets visités depuis 2022
Au-delà des chiffres du financement, c’est la culture du contrôle qui singularise le Fonds routier sous la conduite de son administrateur. Aubin Essaïe Moussa l’a rappelé avec insistance : chaque franc mobilisé doit se retrouver effectivement sur la route, avec un impact mesurable et conforme aux projections initiales. En 2026 seulement, 156 projets ont déjà fait l’objet d’une descente terrain. Entre 2022 et 2026, ce sont environ 300 chantiers qui ont été visités par les équipes du Comité de gestion.
C’est précisément dans cet esprit que votre web-média Haurizon News avait suivi, en mai dernier, la mission du Réseau Ouest dans la région du Littoral, du département du Wouri jusqu’au Nkam — une tournée nationale qui illustre concrètement, sur le bitume, la philosophie de redevabilité que l’administrateur défend désormais à la tribune du SAGO.
Une réforme pour lever les contraintes structurelles
Le 10 juillet 2025, le chef de l’État Paul Biya avait signé un décret réformant en profondeur le Fonds routier. L’institution dispose désormais de la capacité de lever des fonds sur les marchés nationaux et internationaux, en plus des ressources classiques que sont les taxes sur les produits pétroliers et les péages. Trois guichets ont été créés : l’un pour l’entretien routier, l’autre pour les études et investissements, et un troisième dédié aux indemnisations — ce dernier étant particulièrement stratégique, tant ce volet constitue un verrou chronique dans l’avancement des projets. La dématérialisation des procédures vient compléter l’arsenal : fluidité du traitement des dossiers, gestion électronique des documents, sécurisation des paiements et lutte contre la prolifération des faux documents physiques.
Insuffisance de ressources, prestataires défaillants, incivisme : les vrais freins. Interrogé sur la dégradation rapide de certaines routes malgré les financements engagés, Aubin Essaïe Moussa a identifié plusieurs facteurs cumulatifs.
L’insuffisance des ressources d’abord : un axe nécessitant 500 millions de francs CFA peut n’en recevoir que 100 millions de FCFA, rendant toute réponse adéquate impossible. La mauvaise maturation des dossiers ensuite, avec des décalages persistants entre cahiers de charges et réalités du terrain. La qualité insuffisante de certains prestataires, qui arrivent sur les chantiers sans équipements ni personnel adaptés. Des missions de contrôle parfois «fantaisistes», comme le qualifie l’administrateur. Et enfin, l’incivisme des usagers, notamment les camions en surcharge dépassant les 50 tonnes légales, qui accélèrent la dégradation prématurée du réseau.
L’ambition du Fonds routier pour 2026 est posée sans détour par son administrateur : collecter des ressources à la hauteur des besoins réels du terrain, pour que toutes les routes du Cameroun soient praticables en saison sèche comme en saison des pluies. Une ambition que la réforme de juillet 2025 entend rendre atteignable — et que le succès populaire du SAGO 2026, avec son quart de million de visiteurs, a contribué à porter plus loin que jamais dans l’opinion publique.






