Chefferie du village Babenga : pourquoi le sous-préfet de Dibombari n’a rien à se reprocher
Le débat enfle sur les réseaux sociaux. Depuis plusieurs jours, le nom du sous-préfet de l’arrondissement de Dibombari, Jean Philippe Ngo’o Mebe, circule dans des publications portées notamment par le lanceur d’alerte Boris Bertolt, qui l’associe à une controverse autour de la chefferie traditionnelle du village Babenga, Canton Pongo, département du Moungo, dans la région du Littoral.
Il n’en est rien de tout ce qu’il se dit sur la websphère concernant l’humble et jeune personne Jean Philippe Ngo’o Mebe. Pourtant, un document officiel remet les pendules à l’heure : un arrêté préfectoral signé le 22 janvier 2026 par le préfet du département du Moungo, NDJANA Yves Bertrand Noël, administrateur Civil Principal. Ce document — l’Arrêté Préfectoral N°018/AP/C.16/SAAJP — est authentique. Il porte le cachet officiel de la Préfecture de Nkongsamba et la signature du Préfet du Moungo en personne. Son objet : rapporter les dispositions de l’Arrêté Préfectoral N°425/AP/C.16/SP du 17 septembre 2020, qui avait homologué la désignation de Gustave Jean Claude Modi Dissake en qualité de «Chef traditionnel de 3ème degré du village Babenga, Canton Pongo, arrondissement de Dibombari, département du Moungo, Région du Littoral.»
En clair, c’est le Préfet — autorité hiérarchique directe du sous-préfet — qui a pris l’initiative d’annuler cette homologation. Jean Philippe Ngo’o Mebe, lui, a simplement rendu compte de l’évolution de la situation à sa hiérarchie, conformément à ses obligations statutaires. L’article 3 dudit arrêté est sans ambiguïté : «Le sous-préfet de l’arrondissement de Dibombari et le chef supérieur du Canton Pongo sont chargés chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent Arrêté.»
Autrement dit, le sous-préfet de Dibombari n’a fait qu’exécuter une décision prise au niveau supérieur. Il ne saurait outrepasser ses pouvoirs dans une telle chaîne de commandement.
Un républicain, pas un fauteur de troubles
Le cadre légal qui régit les relations entre l’administration territoriale et les chefferies traditionnelles de 3ème degré est précis. Il repose notamment sur le Décret N°77/245 du 15 juillet 1977, modifié en 2008 et 2013, ainsi que sur la Loi N°79/17 du 30 juin 1979 relative aux contestations liées à la désignation des chefs traditionnels — tous visés dans l’arrêté. Jean Philippe Ngo’o Mebe a agi dans ce cadre, et non en dehors. Loin du portrait que certains voudraient coller à ce fonctionnaire, il incarne au contraire ce que l’on attend d’un agent de l’État : veiller au respect des lois de la République, rendre compte à sa hiérarchie, et exécuter les décisions officielles sans les déformer ni les devancer. Ce que les réseaux sociaux présentent comme une faute personnelle n’est, à la lumière de ce document, qu’une mission accomplie dans les règles.






