Formation à la commande publique : le Fonds routier muscle sa capacité d’action dans un contexte de nouveaux défis

Au moment où ses missions s’élargissent, le Fonds routier du Cameroun mise sur la montée en compétence de ses équipes pour sécuriser ses procédures et mieux servir l’entretien du réseau routier national. Du 15 au 17 juillet 2026 à Mbankomo, département de la Mefou-et-Akono dans la région du Centre, l’institution a réuni son personnel autour d’un séminaire consacré à la commande publique, avec une question centrale : comment transformer la rigueur administrative en efficacité économique et en routes mieux entretenues

Le contexte n’est pas anodin. Le décret du 10 juillet 2025 a redéfini le périmètre du Fonds routier, désormais engagé non seulement dans le financement de l’entretien routier, mais aussi dans les études, les investissements, la protection du patrimoine routier, la gestion des péages et la mobilisation de ressources pour les infrastructures. Cette évolution élargit mécaniquement le volume et la complexité des marchés à traiter, donc les exigences de conformité, de traçabilité et de rapidité.

Dans un secteur où chaque retard administratif peut ralentir une réhabilitation ou renchérir un projet, la commande publique devient un levier économique autant qu’un outil juridique. La question n’est plus seulement de dépenser, mais de dépenser juste, au bon moment et avec un meilleur impact sur les usagers.

850 millions en jeu

L’exercice 2026 donne la mesure de cet enjeu : le Fonds routier a élaboré et mis en exécution un plan de passation de marchés d’environ 850 millions de francs CFA. Ce niveau d’engagement traduit une activité soutenue, mais il pose aussi une interrogation de fond : les équipes disposent-elles des réflexes nécessaires pour piloter des procédures de plus en plus nombreuses et variées ?

Le sujet est d’autant plus sensible que la commande publique camerounaise est encadrée par le code des marchés publics de 2018 et par des mécanismes de contrôle spécialisés. Pour un maître d’ouvrage, la maîtrise du circuit devient déterminante, de la maturation du besoin jusqu’à la réception des prestations.

Former pour sécuriser

Animé par des experts de Collège de Paris, le séminaire a été structuré autour de six modules, allant des principes de la commande publique aux procédures de passation et au suivi de l’exécution des marchés. Les travaux ont aussi abordé les acteurs du système, les organes de contrôle et les marchés d’assurance.

L’approche choisie privilégie l’opérationnel : exercices pratiques, études de cas et échanges d’expériences pour passer de la théorie aux bons réflexes. C’est là que se joue l’enjeu économique réel : réduire les erreurs, fluidifier les délais et mieux protéger les ressources publiques.

En investissant dans la formation, le Fonds routier du Cameroun cherche à consolider sa crédibilité et à améliorer l’exécution des projets routiers. Car derrière une procédure bien menée, il y a souvent une route réhabilitée à temps, un ouvrage réceptionné correctement et des coûts publics mieux maîtrisés.

Reste une question essentielle : cette montée en expertise sera-t-elle suivie d’un gain visible dans la qualité et la cadence des chantiers ? C’est probablement là que se jugera, demain, la portée économique réelle de cet investissement humain.

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