Journée de l’Europe 2026 : Jean-Marc Châtaigner plaide pour un partenariat ancré dans le concret

À l’occasion de la célébration de la Fête de l’Europe samedi 09 mai à Yaoundé, l’ambassadeur de l’Union européenne au Cameroun et pour la Guinée équatoriale, a dressé un bilan d’étape d’une coopération économique de plus d’un demi-siècle, non sans pointer les vulnérabilités qui fragilisent la région.

Sous le thème de “La Lumière”, la réception offerte au Yaoundé-Hilton Hôtel par S.E. Jean-Marc Châtaigner n’avait pas que des allures de soirée de gala. C’est aussi, et surtout, le cadre choisi par le chef de la diplomatie européenne pour dresser le bilan d’un partenariat cinquantenaire avec le Cameroun — et pour annoncer la couleur des prochains mois, avant son départ prévu à l’été 2026. La coopération UE-Cameroun s’incarne désormais dans une série d’investissements que l’ambassadeur qualifie de «réalisations concrètes, en réponse aux priorités du Cameroun pour son développement». Parmi les chantiers phares : la voie de contournement de Yaoundé, la réhabilitation du rail entre Bélabo et Ngaoundéré, ou encore le projet « Maroua Villes Vertes ». À l’échelle régionale, le pont sur le Ntem, qui reliera le Cameroun à la Guinée équatoriale sur le corridor stratégique Yaoundé-Bata-Libreville, figure au rang des projets en cours d’étude. Ces initiatives s’inscrivent dans la stratégie Global Gateway, par laquelle l’Union européenne ambitionne de mobiliser au moins 100 milliards d’euros de financements d’ici fin 2027 à travers le continent. Le barrage hydroélectrique de Nachtigal, construit en partenariat avec la BEI, Proparco et FMO, ou encore le pont sur le Logone reliant Yagoua à Bongor — et par là le corridor Douala-Ndjamena — en constituent les réalisations les plus emblématiques à ce stade.

L’Accord de partenariat économique intérimaire (APE), en vigueur depuis août 2016, reste la colonne vertébrale des échanges commerciaux. Il octroie au Cameroun un accès immédiat au marché européen en franchise totale de droits, tandis que Yaoundé s’est engagé à démanteler progressivement sur quinze ans les droits sur 80 % des catégories de marchandises en provenance de l’UE, tout en préservant 20 % considérés comme sensibles — viandes, produits laitiers, farines, textiles usagés.

L’intégration régionale sous tension

Le discours de l’ambassadeur n’a pas éludé les signaux d’alerte. « Les échanges intra-CEMAC ne dépassent pas 4 % du commerce extérieur total des États membres », a-t-il rappelé, évoquant par ailleurs l’affaiblissement des réserves de change et les retards accumulés dans plusieurs programmes conclus avec le FMI. Des constats qui, selon lui, conditionnent directement la capacité des entreprises européennes à investir et à «rester présentes dans la durée, au bénéfice du tissu économique local, de la création d’emplois et du transfert de compétences».
Son Excellence Jean-Marc Châtaigner a tenu à souligner que les intérêts économiques de l’UE dans la sous-région — infrastructures, énergie, mines, agro-industrie — ne sauraient être dissociés de l’ambition camerounaise de « transformation structurelle de son économie » et de montée en valeur ajoutée locale. La stabilité macrofinancière de la CEMAC conditionne également, a-t-il insisté, la capacité européenne à consentir des prêts concessionnels.

Jeunesse et numérique, leviers de l’avenir commun

Au-delà des grands chantiers, l’UE entend peser sur les secteurs émergents. Le programme indicatif multi-annuel 2021-2027 prévoit un renforcement de l’appui à l’entrepreneuriat, au numérique et à l’intelligence artificielle, en particulier pour les jeunes. « L’avenir du Cameroun, comme celui de l’Europe, se joue d’abord dans sa jeunesse », a affirmé l’ambassadeur, ajoutant que « le développement n’est pas un coût, c’est un investissement dans notre avenir commun ». Une formule qui résume assez bien l’état d’esprit dans lequel S.E. Jean-Marc Châtaigner entend refermer, cet été, un mandat de trois ans au Cameroun.

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