Infrastructures au Cameroun: le Fonds Routier ausculte ses chantiers dans le Littoral
Douala accueille depuis ce matin la mission d’inspection du Réseau Ouest des projets financés par le Fonds Routier. Deux sites passés à la loupe ce lundi sous une pluie tenace par endroit.
Le ciel est lourd, capricieux. Il pleut sur la capitale économique camerounaise, thermomètre à 31 degrés, et pourtant la mission dépêchée par le Fonds Routier n’a pas attendu l’accalmie pour entrer dans le vif du sujet. Aujourd’hui, c’est dans la ville-port que les inspecteurs posent leurs carnets, stylos en main, pour passer au scanner deux projets financés sur fonds publics.
Avant même de chausser les bottes de chantier, la mission a tenu une séance de travail matinale dans la salle des banquets des Services du gouverneur de la région du Littoral. Autour de la table : le gouverneur, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, lui-même, le président du Conseil gégional du Littoral Polycarpe Banlog, des élus municipaux, les services sectoriels concernés et l’équipe venue de Dschang, région de l’Ouest. Une séance franche, où les préoccupations ont été posées sans détour et où la mission a apporté ses réponses.
Le chef de mission, Paul Tonton Mbong Konango, chef de Division administration et finances au Fonds Routier, a rappelé l’enjeu du déplacement. Il s’agit, a-t-il expliqué, d’évaluer la mise en œuvre des recommandations formulées lors de la mission d’août 2025, d’apprécier l’état d’avancement du Programme d’entretien des routes communales et régionales — de la passation des marchés jusqu’à l’exécution sur le terrain — et d’examiner la cohérence entre les budgets alloués et les travaux effectivement réalisés. Des recommandations seront formulées à l’issue des constats de terrain.
Déïdo et Bonabéri sous la loupe
Cap sur Déïdo d’abord. À 12h55, la mission arrive dans ce quartier de Douala 1er pour inspecter les travaux d’entretien des rues 1.786 et Charly Eyoum Ebelle — 490 mètres linéaires de voirie prise en charge par l’entreprise Comar SARL, pour un montant toutes charges comprises avoisinant les 455 millions de francs CFA entre la tranche ferme et la tranche conditionnelle. Pavés, ouvrages d’assainissement, poteaux électriques : tout est passé au peigne fin. Les inspecteurs notent, observent, comparent.
Direction ensuite Bonabéri, sous une pluie qui tombe maintenant des cordes. La mission y examine le pont de Bojongo, ouvrage en béton armé à poutres métalliques financé par la Commune de Douala IV sur la route Ndobo–Bojongo. Là, un habitant de la zone interpelle la délégation : il réclame le remblai de part et d’autre du pont ainsi que des travaux d’enrochement pour sécuriser les abords. Les constructions anarchiques aux alentours du cours d’eau, elles, suscitent des regrets au sein de l’équipe.
Les maires parlent d’argent et de boue
En marge des visites, plusieurs édiles ont pris la parole. Le maire de Manjo, dans le département du Moungo, Téclaire Ékosso Njanjo, a dressé un tableau préoccupant : commune à vocation essentiellement agricole, Manjo peine à acheminer ses productions vivrières faute d’infrastructures routières à la hauteur. Elle dit ne pas bénéficier suffisamment des financements du Fonds Routier, et déplore par ailleurs les difficultés des prestataires à se faire payer. Malgré tout, elle assure multiplier les efforts pour maintenir les routes en état de circulation — une tâche rendue épuisante par les pluies récurrentes qui imposent, dit-elle, un « éternel recommencement ».
Du côté de Yabassi, dans le Nkam, le maire Éba Mirabeau affiche une situation plus avancée : la commune a reçu une enveloppe globale de 300 millions de francs CFA du Fonds Routier, étalée sur trois tranches annuelles — 2025, 2026, 2027. Malgré des procédures qu’il juge parfois trop lourdes, la première tranche de 100 millions de Francs CFA a été entièrement soldée et la deuxième, d’un montant équivalent, est désormais engagée.
Demain, cap sur Manjo et Loum
La journée de ce lundi referme son programme sur deux chantiers inspectés, sous la pluie, dans une ville qui construit et qui attend. Dès demain mardi 12 mai 2026, la mission reprend la route à 07 heures du matin pour rejoindre Manjo, dans le Moungo. Deux projets y sont au programme : la construction d’un pont définitif sur la route communale Abang-Mouanekeng et l’entretien de l’axe Ngolsi-Abang avec édification d’un pont sur la rivière Nkandja. Des infrastructures attendues dans une commune agricole qui espère que le béton finira par prendre le pas sur la boue. Ainsi que de la route communale Mabombe-Mabombe 2 sur 5 Km dans la commune de Loum voisine.






