Cameroun : l’ARIMaC prend ses quartiers à Douala pour structurer la gestion des risques en entreprise

Mardi 03 mars 2026, la salle de conférence André Siaka du GECAM a accueilli le lancement officiel de l’Association of Risk Management Cameroon, mieux connue sous l’acronyme ARIMaC. Devant un parterre de professionnels issus de l’assurance, du droit, de l’université et du secteur privé, la nouvelle structure a formalisé son entrée dans le paysage économique camerounais, avec un agenda ambitieux : doter les entreprises d’une culture solide de gestion des risques.

Autorisée par arrêté préfectoral le 26 janvier 2026, l’ARIMaC ne regroupe pas uniquement des risk managers au sens strict. Avocats, universitaires, risk managers-conseils et étudiants en font également partie, traduisant une volonté d’approche pluridisciplinaire. Car l’enjeu dépasse le simple cadre corporatif : il s’agit de changer la manière dont les organisations camerounaises perçoivent et anticipent les risques.

Pour Pierre Ngotte, président de l’ARIMaC, la priorité immédiate est de savoir d’où part le Cameroun. « Nous avons un sondage qui est déjà conçu que nous allons adresser aux entreprises de toutes les tailles pour savoir comment elles prennent en compte la gestion du risque dans leur structure. Il s’agit donc, à partir de ce sondage, de faire le véritable état des lieux, pour savoir d’où on part à date, et quel bilan on va faire à x périodes », a-t-il expliqué.

Au-delà du diagnostic, l’association entend structurer ses actions autour de plusieurs axes : promotion du métier de risk manager, mise en relation des experts, montée en compétences, retour d’expérience entre pairs, tables rondes thématiques et webinaires. Trois vice-présidents aux attributions distinctes porteront chacun un volet du programme. « Arimac a bien un programme de travail, et il est question maintenant qu’on le mette en place », a insisté M. Ngotte, ajoutant que les adhésions sont d’ores et déjà ouvertes.

Un signal fort pour le secteur de l’assurance

L’événement a également réuni des acteurs du monde assurantiel, qui voient dans cette initiative un levier de croissance sectorielle. Richard Lowé, président-fondateur d’Activa Assurances, a apporté un regard d’expérience au débat. Lui qui a assisté à des lancements similaires au Congo, au Bénin et au Sénégal ces derniers mois, considère que l’ARIMaC arrive à point nommé. « Nous vivons dans un monde d’incertitude. Incertitude politique, incertitude médicale, incertitude économique, incertitude technologique. Et il faut absolument un spécialiste, au sein de l’entreprise, qui maîtrise ces risques-là et qui essaie de les gérer pour assurer la résilience et la pérennité », a-t-il soutenu.

Pour lui, l’enjeu va au-delà des grandes structures. « Il y a des startups qui disparaissent au bout de quelques années parce qu’au sein de ces petites sociétés, on n’a pas pu identifier quels sont les risques. Alors que si on les avait identifiés, sans doute, on aurait pu les adresser et trouver une solution », a-t-il relevé, plaidant pour une sensibilisation élargie à toutes les catégories d’organisations.

Le représentant de la présidente de l’Association des Sociétés d’Assurances du Cameroun (ASAC) a, pour sa part, tenu à préciser que assureurs et risk managers ne sont pas antagonistes — une clarification qui, dans le contexte de structuration du marché camerounais, n’est pas anodine.

En s’inscrivant dans le sillage d’associations similaires déjà actives sur le continent, l’ARIMaC ambitionne de faire du Cameroun un acteur crédible de la gouvernance des risques en Afrique. Le défi est désormais connu : convaincre les entreprises, des multinationales aux startups, que le risk manager n’est pas un luxe organisationnel, mais une nécessité stratégique. Une conviction que cette poignée de pionniers réunis dans la salle de conférence André Siaka du Gecam entend bien transformer, à force de pédagogie et de terrain, en réflexe managérial partagé.

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