Festival Nsa’a 2026 : le peuple Bassa du Wouri referme en beauté sa 3ème édition
L’esplanade de la chefferie supérieure du canton Bassa, à Ndogbong, a vibré une dernière fois hier samedi au rythme des chants, des danses et des rites ancestraux, pour clore en apothéose la 3ème édition du Festival Nsa’a.
Une semaine entière de célébration — du 21 au 28 mars — aura suffi pour confirmer que cet événement s’est définitivement imposé comme le rendez-vous incontournable de la mémoire et de l’identité Bassa au cœur de la capitale économique. Entre la chefferie supérieure du canton à Ndogbong et l’esplanade de la mairie de Douala 3ème, les 23 villages du canton se sont retrouvés le temps d’une semaine pour honorer une histoire pluriséculaire.
Car le Festival Nsa’a n’est pas qu’une célébration folklorique : il est l’expression d’une conscience collective, celle d’un peuple bantou dont le parcours migratoire depuis Ngog Lituba jusqu’aux rives du Wouri constitue l’une des épopées les plus riches de l’Afrique centrale. Langue, traditions orales, rites d’initiation, architecture coutumière — tout le patrimoine immatériel du peuple Bassa du Wouri s’est déployé en plein air, au vu et su de Douala.
La bienveillance royale au cœur du succès
Le fil conducteur de cette édition porte un nom : Sa Majesté Gaston Mbodi Épée, chef supérieur du canton Bassa. Engagé depuis la première édition dans la valorisation de l’héritage des ancêtres fondateurs — les Nsaa, Ngombolo, Ntock, Mbock et Mbim —, le souverain a une nouvelle fois imprimé sa marque sur chaque journée du festival, du coup d’envoi à la cérémonie de clôture. Sa présence constante et son implication personnelle ont manifestement contribué à l’engouement populaire enregistré tout au long de la semaine.
La cérémonie de clôture a reçu une caution institutionnelle de poids avec la participation du gouverneur de la région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua. Sa présence a conféré à l’événement une reconnaissance officielle supplémentaire, soulignant l’intérêt des autorités administratives pour la préservation du patrimoine culturel des communautés autochtones de Douala. Le message est clair : la culture n’est pas un supplément d’âme — elle est un pilier du développement et de la cohésion sociale.
Avec trois éditions au compteur, le Festival Nsa’a s’affirme désormais comme un marqueur identitaire fort pour les Bassas du Wouri, dispersés dans les arrondissements de Douala 3ème et Douala 5ème. Au-delà de la fierté communautaire, cet événement ouvre des perspectives en matière de tourisme culturel et de transmission intergénérationnelle. La flamme que les ancêtres ont allumée, comme aiment à le rappeler les gardiens de la tradition Bassa, brille décidément de plus en plus fort sur les berges du Wouri.






