Cameroun / Marché Foumi de New-Bell : 3 milliards de FCFA de pertes, la reprise s’organise à sept jours de la rentrée scolaire

Près de deux semaines après l’incendie qui a ravagé plus de 250 boutiques, le Marché Foumi de New-Bell reprend vie depuis ce matin. Sephorah Foumi, promotrice du site, évoque un bilan de plus de 3 milliards de FCFA de marchandises parties en fumée, alors que 500 femmes sinistrées tentent de sauver la campagne commerciale de la rentrée scolaire.

Ce lundi marque un tournant pour les commerçants du Marché Foumi de New-Bell, dans l’arrondissement de Douala 2ème. 13 jours après le sinistre survenu dans la nuit du 18 au 19 août 2026, les activités ont officiellement repris sur le site. Un appel a été lancé à l’ensemble de la clientèle : malgré l’ampleur des dégâts, les marchandises sont de nouveau disponibles.

Le chiffre donne la mesure du désastre. Selon Sephorah Foumi, promotrice du marché, les pertes sont évaluées à plus de 3 milliards de francs CFA. Plus de 250 boutiques ont été détruites, au pire moment de l’année pour ces commerces, qui avaient constitué leurs stocks en prévision de la rentrée scolaire 2026-2027. Environ 500 femmes se retrouvent aujourd’hui sans local, contraintes de vendre à même la rue et les allers du marché.

En signe de solidarité, la promotrice a personnellement distribué des parasols aux commerçantes installées en plein air, le temps que les espaces détruits soient reconstruits. Un geste qu’elle inscrit dans une logique familiale : le marché fête cette année ses 20 ans d’existence, et elle revendique une proximité de « parents » avec les exposantes.

Pour permettre aux commerçantes de reconstituer leurs stocks, la direction du marché a sollicité ses partenaires chinois ainsi que plusieurs importateurs, qui ont accepté de livrer de la marchandise à crédit. Une bouffée d’oxygène pour des femmes qui, sans capital immédiat, auraient été incapables de relancer leur activité avant la fin de la période scolaire.

Entre douleur et résilience, les commerçantes reprennent pied

Sur le terrain, le témoignage de Madame Toch, promotrice d’une boutique de lingerie, illustre la difficulté de la relance : privées de vitrines, de nombreuses vendeuses opèrent désormais dans la rue, où les clients peinent à identifier les produits. Nicole Tchokonté, installée sous un parasol offert par Sephorah Foumi, confirme la lenteur du retour de la clientèle, tout en saluant l’aide apportée pour retrouver une place sur le marché.

Si l’incendie n’a fait aucune victime humaine, il laisse une plaie économique béante pour tout un pan du commerce populaire de Douala, dont la capacité de résilience sera de nouveau testée dans les prochaines semaines. 

En attendant une reconstruction complète des infrastructures, c’est la solidarité de proximité — parasols, crédit fournisseur, gestes d’entraide entre commerçantes — qui tient lieu de filet de sécurité. Un système “D” qui permet au Marché Foumi de tenir le choc, sans pour autant effacer l’urgence d’une reconstruction durable avant la prochaine saison des pluies.

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