Douanes camerounaises et partenaires : un dialogue qui rapporte

Ils étaient là, opérateurs économiques, représentants du patronat et responsables de l’administration, réunis vendredi 20 février 2026 à Douala pour la 15ème édition de la Soirée des partenaires des Douanes camerounaises. Une grand-messe annuelle qui, sous la présidence du ministre des Finances Louis Paul Motaze, a cette année pris des allures de célébration, chiffres à l’appui.

Le contexte n’était pourtant pas anodin. En marge de la cérémonie, les Douanes annonçaient la saisie, ce même jour à l’aéroport international de Douala, d’une importante cargaison de tramadol et de cocaïne estimée à 50 milliards de francs CFA. Un rappel saisissant que derrière les discours de partenariat, le travail douanier reste, dans sa chair, une affaire de terrain.

Surtout que le dialogue devient levier de performance

C’est précisément ce mariage entre rigueur opérationnelle et concertation avec le privé que la soirée entendait célébrer. Les résultats parlent d’eux-mêmes : 1 155,6 milliards de francs CFA collectés en 2025, soit 19,4 milliards de plus que l’objectif fixé par la loi de finances, pour un taux de réalisation de 101,7 % et une progression de 7,1 %. Louis Paul Motaze, ministre camerounais des finances, a qualifié ces chiffres de « performance exceptionnelle », dans un contexte mondial marqué par les turbulences économiques et une conjoncture nationale qui n’a pas épargné le Cameroun.

L’économie, elle, a résisté. L’Institut national de la statistique lui créditait 3,9 % de croissance du PIB en 2025, avec une inflation contenue et des taux bancaires maintenus entre 8 et 9 %. Le ministre a également salué la normalisation du scanning portuaire et le remboursement des frais engagés lors du bras de fer avec le Port autonome de Douala.

Le secteur privé, partenaire ou simple contributeur ?

La question méritait d’être posée. Yanis Arnopoulos, porte-parole des partenaires au nom de l’Eurocham, a choisi ses mots avec soin, appelant à « la stabilité des règles » et à « favoriser un commerce extérieur sain et équitable », tout en plaidant pour que le lien entre administration et opérateurs soit durablement « préservé et renforcé ». Un message poli, mais qui dit en creux les attentes — et parfois les frustrations — du monde des affaires face à une administration en mutation.

Du côté du gouvernement, les promesses ont été fermes. Transformation des ports de Douala et de Kribi en hubs logistiques régionaux, déploiement accéléré du programme Opérateur économique agréé, modernisation des procédures : l’agenda 2026 est chargé. « Le gouvernement soutiendra le secteur privé pour surmonter les obstacles », a assuré le ministre des finances, Louis Paul Motazé. Quelques 80 prix ont été remis aux entreprises les plus méritantes. Une façon de donner un visage au civisme fiscal, et peut-être de l’encourager.

Gallery Photo

Douanes camerounaises et partenaires : un dialogue qui rapporte
Douanes camerounaises et partenaires : un dialogue qui rapporte
Douanes camerounaises et partenaires : un dialogue qui rapporte
Douanes camerounaises et partenaires : un dialogue qui rapporte
Suivez nous