Douala accueille le 15ème Congrès de la Société camerounaise de cardiologie : les experts sonnent l’alarme sur la mort subite
Du 26 au 28 mars 2026 dans la capitale économique, le 15ème Congrès scientifique de la Société camerounaise de cardiologie (Scc), placé sous le Haut Patronage du Premier Ministre. Thème retenu cette année : “La mort subite de l’adulte en Afrique”.
Le sujet n’est pas choisi au hasard, tant l’Afrique subsaharienne reste le ventre mou de la lutte contre les maladies cardiovasculaires — première cause de mortalité dans le monde. La cérémonie d’ouverture officielle du congrès s’est tenue le jeudi 26 mars, de 16h15 à 17h45. Pendant trois jours, cardiologues, médecins généralistes, chercheurs, décideurs publics et partenaires internationaux — dont l’OMS — se sont retrouvés autour de 13 conférences et 7 sessions thématiques, sans oublier des ateliers pratiques en ECG, échocardiographie et prise en charge des urgences cardiovasculaires.
Un fléau encore insuffisamment documenté
Au Cameroun, la situation est préoccupante : l’hypertension artérielle frappe environ un adulte sur trois, les AVC et infarctus progressent à grande vitesse, et la mort subite — souvent liée à des pathologies cardiaques non diagnostiquées — demeure un problème majeur et encore trop peu documenté. C’est précisément pour y remédier que la SCC a réuni l’élite médicale nationale et internationale. Pour le Pr Anastase Dzudie, président de la Scc, ce congrès est avant tout un espace de partage.
Les hôpitaux camerounais sont à l’affût de l’innovation, qui ne saurait rester l’apanage des nations les plus riches. Il s’agit ici d’établir ensemble des recommandations concrètes sur des sujets aussi complexes que la mort subite, d’assurer la formation des jeunes professionnels, et de sensibiliser les populations à une pathologie pourtant largement évitable.
Prévenir pour ne pas subir
Le message des experts est clair et sans détour. « Les complications cardiovasculaires sont le plus souvent redoutables. Elles vont évoluer vers la crise cardiaque qu’on appelle l’infarctus du myocarde, des accidents vasculaires cérébraux, l’insuffisance cardiaque et vers la mort. Donc il faut la prévention. Et elle commence par le dépistage. Et c’est ça l’action au niveau de la Scc », a martelé le Pr Félicité Kamdem, vice-présidente de la Scc.
Fondée en 1991, la Société camerounaise de cardiologie entend aujourd’hui peser davantage sur les politiques de santé publique, renforcer la recherche locale et favoriser les collaborations internationales. Car comme le rappellent les spécialistes, les maladies cardiovasculaires ne sont pas une fatalité : largement liées au mode de vie et à des facteurs de risque évitables, elles peuvent être combattues. « Prévenir, c’est sauver des vies », conclut l’un d’eux.






