JMDC 2026 : La Focaco exige des produits sûrs pour des consommateurs souverains

À l’occasion de la la 43ème Journée mondiale des droits des consommateurs (JMDC), célébrée avec un décalage ce lundi 16 mars 2026, la Fondation camerounaise des consommateurs (Focaco) a organisé une conférence-débat à Douala, sous le thème : “Produits sûrs = consommateurs confiants”

Économistes, experts en normalisation, industriels, étudiants et journalistes se sont retrouvés autour d’une même préoccupation : faire du consommateur camerounais un acteur averti, pas une cible facile. Dès son mot d’ouverture, Alphonse Ayissi Abena, président exécutif de la Focaco, a posé le ton. « La défense du consommateur commence par lui-même », a-t-il affirmé, appelant chacun à prendre l’habitude de lire les étiquettes des produits agroalimentaires avant tout achat. Un geste simple, mais dont les enjeux sont sanitaires et économiques. Car derrière l’étiquette se cachent des informations qui engagent directement la santé du consommateur.

Plusieurs panélistes se sont ensuite succédé pour enrichir le débat. L’Agence des normes et de la qualité (Anor) a rappelé le rôle central de la normalisation dans la protection des consommateurs, insistant sur les notions de conformité et de certification. De son côté, une experte de Nestlé Cameroun a mis en lumière la valeur de l’étiquetage alimentaire : « L’étiquette permet de faire un choix éclairé », a-t-elle souligné, illustrant comment cet outil, souvent ignoré, constitue pourtant le premier rempart du consommateur face aux produits douteux.

Emplois, normes et ZLECAf : l’équation du développement

L’économiste Dr Édimo Mongory a, lui, élargi la réflexion au plan macroéconomique. Sa thèse : le consommateur camerounais, en particulier le jeune, détient un levier sous-estimé sur l’économie nationale. « C’est en transformant localement qu’ils ont des emplois, c’est en transformant localement qu’on devient plus riche », a-t-il déclaré, plaidant pour une orientation de la consommation vers la production locale comme réponse structurelle au chômage des jeunes. Il a également mis en garde contre les risques sanitaires liés à une consommation non éclairée, citant la montée préoccupante des cancers au Cameroun, et appelant à intégrer l’éducation à la consommation dans les cursus scolaires, au-delà des seules filières scientifiques. Sur le front commercial, il a rappelé l’urgence de se conformer aux exigences normatives en vue de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) : « Nos produits pourront entrer vers des marchés volumineux comme ceux du Nigeria, de l’Égypte, de l’Éthiopie, du Congo. Mais ils doivent, du point de vue qualité, tenir la route. »

En clôture, Alphonse Ayissi Abena a formulé des exigences claires à l’endroit des pouvoirs publics : renforcer les contrôles, délivrer des certificats de conformité aux producteurs locaux, et mettre un terme définitif à la vente de whisky en sachet. « Il y a une norme qui précise que les liqueurs ne doivent pas être conditionnées dans des sachets. Il faut que le gouvernement n’accorde plus de moratoire criminel à ces producteurs qui mettent la vie de millions de Camerounais en danger », a-t-il martelé.

La conférence s’est achevée par une session de questions-réponses et la remise d’attestations de participation aux étudiants et journalistes présents.

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