Lutte contre la corruption au Cameroun, le préjudice financier est estimé à plus de 4 milliards FCFA pour l'exercice 2024 contre 114 milliards FCFA en 2023.
La présentation du 14e rapport sur l'état des lieux a eu lieu ce 27 août 2025 à Yaoundé. Des données qui mettent en lumière les efforts consentis pour éradiquer ce phénomène mais également les institutions réfractaires à la collaboration avec la CONAC à l'instar du ministère de la communication et celui en charge de l'administration territoriale.

Présenté par le Rev Dieudonné MASSIGANS président de la commission nationale Anti - corruption Il s'agit d'une synthèse des actions de lutte contre la corruption au travers des mesures préventives, éducatives et des conditions d'incitations et de sanction. Subdivisé en trois parties à savoir la prévention, la sanction des pratiques de corruption et en troisième articulation le recouvrement des avoirs et la coopération institutionnelle ; il résulte de l'exploitation des 105 contributions reçu des institutions de contrôle, des organes de régulation (03), des départements ministériels (31), des établissements publics et entreprises publiques (44), des collectivités territoriales décentralisées (06) , la société civile (04), le secteur privé (01) et les organes de régulation (03) et des 10 250 dénonciations enregistré au courant de l'année
Concernant les activités de prévention plusieurs mesures ont été prises au sein des institutions de contrôle et de régulation des départements ministériels des entreprises et établissements publics ainsi que des collectivités territoriales décentralisées pour barrer la route à la corruption.
On peut citer entre autres la mise en place des lignes vertes pour faciliter la dénonciation ; la sensibilisation des agents publics et des usagers sur les méfaits de la corruption ; la formation des divers acteurs sur les techniques de lutte contre la corruption, l'amélioration des conditions de travail des agents publics et l'attribution des distinctions honorifique et primes aux meilleurs agents.
La CONAC quant à elle a œuvré à la prévention de ce fléau par la production d'émission et d'un bulletin mensuel ainsi que des formations et des campagnes de sensibilisation.
Par rapport à l'année 2023, le 14e rapport fait état d'une implication plus accrue des administrations publiques et des juridictions dans la répression des pratiques de corruption. De l'exploitation des dénonciations enregistrées il en ressort que certaines pratiques illicites tendent à se généraliser au sein des différentes administrations malgré l'artillerie en place.
C'est le cas de la perception des frais pour des services réputé gratuits ou l'exigence des frais supérieur à ceux prescrit par la réglementation ; l’abus de fonction ; le trafic d'influence et les détournements des biens publics et bien d'autres. Il convient de noter que 298 agents publics ont écopé de sanctions allant de l'avertissement au licenciement pour des manquements divers, 227 élèves pris en flagrant délit de fraudes ont été suspendus à titre temporaire de toute participation aux examens lancé par le ministère de l'enseignement secondaire et du supérieur, 216 entreprises ont été exclus de la commande publique pour abandon de chantier ou non livraison des biens, 14 exploitants forestiers suspendus de leurs activités pour non-respect du cahier de charge la liste est loin d'être exhaustive. Au total le préjudice financier subi par l'État du Cameroun au terme des enquêtes de la CONAC et des décisions des autres entités est évalué à 4 061 806 711 FCFA.
En outre la lutte contre la corruption s'est également traduite par le recouvrement des avoirs et de la coopération institutionnelle. En ce qui concerne le recouvrement des produits de la corruption il a été effectif au tribunal criminel spécial où l'instance a enregistré des restitutions de corps de délit dans le cadre de 12 procédures d'un montant total de plus de 334 millions FCFA et environ 5 milliards à la Société de Recouvrement des Créances.
Dans ce panorama de réalisation il faut noter que le ministère de la communication dirigé par René Emmanuel SADI, le ministère de l'administration territoriale de Paul ATANGA NJI, celui de l'eau et de l'énergie tenue par Gaston ELOUNDOU ESSOMBA, le ministère de l'environnement, de la protection de la nature et de développement durable ainsi que le ministère des transports restent bon dernier dans la collaboration avec la CONAC.
Tout comme en 2023, certains d'entre n'avaient pas déposé leurs contributions. Le même constat concerne les autorités religieuses parmi lesquelles la conférence épiscopale nationale du Cameroun, le conseil des églises protestantes du Cameroun et le conseil supérieur islamique du Cameroun pourtant considérées comme des piliers d'intégration dans la stratégie nationale de lutte contre la corruption au regard de leur importance dans le processus de restauration morale de la société.
La CONAC n'a pas également reçu le rapport des activités de l'agence nationale d'investigation financière en matière de lutte anti - blanchiment des capitaux. En outre les CTD (06 sur 360 existants), la société civile et le secteur privé restent sous représentés.
Pour déraciner la corruption au sein de la société camerounaise, il est impératif que des efforts soient entrepris pour rendre la lutte contre la corruption plus inclusive et efficace. Et cela commence par la pénalisation de l'enrichissement illicite, une meilleure protection des dénonciateurs, la mise en place d'un mécanisme de gestion des avoirs issus de la corruption, l'augmentation des ressources allouées aux institutions de contrôle et l'application de l'article 66 de la constitution sur la déclaration des biens et avoirs.
Dans la même veine la CONAC va continuer à multiplier les campagnes d'éducation et de sensibilisation, elle envisage lancer dans un proche avenir les ateliers d'imprégnation à la lutte contre la corruption à l'intention des exécutifs municipaux et régionaux en collaboration avec le ministère de la décentralisation et du développement local, intensifier la collaboration avec les radios communautaires et bien d'autres.