Aérowalk Yaapa à Douala : quand la jeunesse marche pour l’aviation africaine inclusive

Dans le cadre de la Semaine de l’aviation pour la jeunesse de l’Afrique centrale (Sajac), la Yaapa (la Young african aviation professional association) a mobilisé ce dimanche 1er février à Douala une centaine de jeunes femmes et hommes pour une marche sportive à travers les sites historiques de la ville, afin de « démystifier » l’aéronautique et célébrer dix ans d’engagement au service des métiers du ciel.

©️HN/DR.

Parti de l’immeuble La Rotonde à Akwa, le cortège a déroulé son ruban humain sur un itinéraire pensé comme un manuel d’histoire à ciel ouvert : cathédrale Saints Pierre et Paul, carrefour Koumassi, carrefour Hôtel de l’Air, Ancien aéroport, Marché des Fleurs, BEAC, rond‑point Plateau Joss, avant de boucler à nouveau au bas de l’immeuble La Rotonde à Akwa.Un circuit accessible, mais surtout représentatif des axes emblématiques de la capitale économique, transformés pour un matin en piste d’initiation à la culture aéronautique. 

Pour Fadimatou Noutchemo, fondatrice de Yaapa et promotrice de l’Aérowalk, cette marche est l’aboutissement d’un processus enclenché il y a dix ans : « Dans le cadre de la célébration de nos 10 ans de forum pendant la Fête de la jeunesse au Cameroun, on a initié une marche sportive à l’époque, lors de l’organisation du premier forum YAFA. Et cette année, on a décidé de lancer l’Aérowalk, qui en fait est une plateforme qui amène les jeunes à comprendre que l’aéronautique part d’abord du sol », dit-elle. Une manière de rappeler que l’aviation n’est pas qu’affaire de cockpit, mais aussi de territoire, de mémoire et de développement. 

Quand l’aviation rencontre l’histoire urbaine

Tout au long du parcours, les pauses devant les sites symboliques servent de prétexte à un cours accéléré sur Douala et son environnement. « Vous avez vu lors du parcours, on a fait nos sites historiques, tels que la cathédrale, la Pagode, le Lycée Joss, les sites en fait pour lesquels les gens passent sans connaître l’histoire, parce qu’en fait l’aéronautique c’est un facteur du développement économique », ajoute Mme Noutchémo. En articulant patrimoine, tourisme et industrie aérienne, Yaapa assume son rôle de médiateur entre la ville et sa jeunesse. 

L’Aérowalk devient aussi le tremplin d’une nouvelle étape pour l’association : « Nous avons lancé une charte, et pour pouvoir lancer cette charte‑là, il fallait commencer par le pas, et le pas c’était la marche. Maintenant, pourquoi “aéro” ? Parce qu’en fait c’est de l’aéronautique, et qu’en faisant cette initiative aujourd’hui, c’est très symbolique pour nous, parce que ça marque nos dix ans de vie associative. » À l’arrivée, les marcheurs se voient, après avoir signé individuellement la charte, remettre des certificats d’ambassadeurs Yaapa, reconnaissance de leur engagement pour une aviation africaine inclusive et ancrée dans la cité. 

Démystifier un secteur stratégique

Au-delà de l’effort physique, la promotrice insiste sur l’enjeu pédagogique et citoyen de cette mobilisation. « L’aéronautique, on doit le démystifier, c’est un secteur qui est à la portée de tout le monde, parce que c’est un secteur qui n’est pas que pour les pilotes, les mécaniciens, les hôtesses de l’air comme on le pense, on a la technologie, la digitalisation, les aéroports, les aviations civiles, les compagnies d’assistance aéroportuaire… le cargo. » Elle rappelle le rôle décisif de ce dernier pendant la pandémie de Covid‑19, pour l’acheminement de vaccins, de gants et de matériel sanitaire. 

La Sajac, qui se déroule du 1er au 10 février sur l’ensemble du territoire camerounais en prélude à la Fête de la jeunesse, doit prolonger le message dans les dix régions du pays, avec des rencontres prévues dès ce lundi au Collège Duval à Douala, puis à Buéa, Bafoussam, Garoua, Ngaoundéré, Ébolowa, Bertoua, Bamenda, entre autres.

« On se donne pour objectif pour les prochains 10 ans, de pouvoir sensibiliser pas que dans les capitales, mais aussi dans les régions et les villages », confie Fadimatou Noutchemo, « parce qu’on dit bien l’Afrique c’est le présent et le futur, nous sommes le marché potentiel, mais il faut aussi avoir une population formée, qui pourra au moins contribuer au développement de cet aéronautique. » À Douala, ce dimanche, la future génération de l’aéronautique a déjà commencé par marcher.

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