Marché financier : les Ccma 2026 s’apprêtent à célébrer 20 ans de cotation de la SEMC et à primer les distributeurs de dividendes
Le coup d’envoi de la quatrième édition des Cemac’s capital markets awards (Ccma) a été donné ce lundi 06 avril au siège de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac) à Douala, lors d’un point de presse. L’événement prévu les 23 et 24 avril 2026 au Krystal Palace de Douala, est porté par La Lettre Sarl. Cette édition promet d’aller plus loin que les précédentes, tant sur le fond que sur la forme.
Plateforme annuelle de promotion et de vulgarisation du marché financier de l’Afrique centrale, les Cccma sont devenus au fil des éditions un rendez-vous institutionnel de référence pour les acteurs de l’écosystème financier sous-régional. Cette année, le colloque international du 23 avril s’articulera autour du thème : “Financement de la croissance économique des pays de la zone CEMAC par le marché financier”. Le lendemain, une cérémonie de distinction récompensera les acteurs les plus performants de l’écosystème — en présence de délégations de plusieurs pays étrangers.
Émetteurs et dividendes au cœur des innovations
La grande nouveauté de cette édition, c’est l’élargissement du périmètre des primés. Les Ccma acte 4 ne se limiteront plus aux intermédiaires classiques que sont les sociétés de bourse et de gestion d’actifs. Les émetteurs entrent désormais dans la compétition. Et une distinction spéciale sera réservée aux sociétés cotées qui distribuent des dividendes. Le directeur général de la Bvmac, Dr Louis Banga Ntolo, salue cette orientation : « La Lettre Sarl va primer particulièrement les sociétés qui distribuent les dividendes. Je crois que ça va créer une émulation, parce que ce sont ces dividendes-là qui créent la confiance ».
Il rappelle au passage que la zone CEMAC, forte de plus de 60 millions d’habitants, ne compte encore qu’environ 10 000 investisseurs — un chiffre qu’il espère voir progresser avec la prochaine introduction en bourse de BGFI. « De dire qu’il y a à peine 10 000 investisseurs sur l’ensemble de nos 6 pays, ça n’a pas de sens », lâche-t-il. La soirée du 24 avril sera aussi l’occasion de célébrer un jalon symbolique : les 20 ans d’introduction en bourse de la Société des eaux minérales du Cameroun (SEMC), connue pour son eau minérale Tangui. Une reconnaissance de la « doyenne » des titres cotés sur le marché régional.
Sur le plan thématique, le promoteur des Ccma Salomon Douala Épale insiste sur l’ambition du colloque : « On veut booster la croissance dans la sous-région. Tous les experts vont nous expliquer comment faire pour que la croissance soit augmentée dans notre zone. » Il souligne néanmoins un défi structurel persistant : les entreprises camerounaises — hors celles déjà listées comme le Port autonome de Douala — ne se bousculent pas pour lever des fonds en bourse.
« Les entreprises qui veulent augmenter leur capital ne se bousculent pas. C’est même justement notre travail de leur dire qu’ils peuvent lever des fonds pour investir et créer de la richesse », reconnait-il. Des signaux positifs émergent toutefois de la sous-région : la République centrafricaine, la Guinée équatoriale et le Congo montrent un intérêt croissant pour le marché financier régional.
La Bvmac et la Cosumaf, régulateur du marché, accompagnent les Ccma depuis la première édition — aux côtés de partenaires comme Emerald Securities Services Bourse — convaincus que la dynamique enclenchée finira par convaincre les entreprises de franchir le pas.






