Fact-checking et santé de l’information : Nestlé Cameroun forme les jeunes journalistes de Douala
Douala, 27 février 2026. La cité capitale économique a accueilli ce vendredi un atelier de formation au fact-checking destiné aux jeunes journalistes. Une initiative portée par Nestlé Cameroun, entreprise agroalimentaire bien implantée sur le marché local, qui a choisi de placer cet événement sous le signe de la responsabilité informationnelle.
Derrière l’angle commercial, une préoccupation de fond : la désinformation nuit, et ses dégâts touchent aussi les entreprises du secteur de l’alimentation. L’experte du haut de ses 26 ans de métier de journaliste, Clarence Yongo, cheville ouvrière de la formation a entretenu la brochette de jeunes journalistes sélectionnés pour cette formation.
L’information malade de ses dérives
Dès le premier module, le ton est donné. La formatrice convoque Dominique Walton pour poser les bases : « Informer, c’est choisir. » Une formule courte, mais qui résume bien l’enjeu de la journée. Car si tout journaliste choisit ce qu’il dit, encore faut-il que ce choix soit éclairé, rigoureux, ancré dans les faits.
Le deuxième module a enfoncé le clou. Clarence Yongo a insisté sur la dangerosité des trolls et autres phénomènes de buzz qui circulent sur les réseaux sociaux et contaminent l’espace informationnel. Dans un environnement où la vitesse prime souvent sur la vérité, les fausses nouvelles prolifèrent, se partagent, s’amplifient. Et leurs effets ne sont pas anodins : elles faussent les perceptions, alimentent les peurs, et peuvent porter préjudice autant aux individus qu’aux institutions.
Le fact-checking comme thérapie
Face à ce diagnostic, le troisième module a proposé des remèdes concrets. Clarence Yongo a défini le fact-checking comme une démarche méthodique de vérification de l’information, articulée autour de trois axes : la vérification des sources, l’analyse des données et la confrontation des informations. Des outils accessibles, à condition d’avoir le réflexe de les utiliser.
Nestlé Cameroun n’est pas étrangère à cette problématique. L’entreprise, qui couvre sept marchés opérationnels avec une usine à Douala-Bonabéri approvisionnant toute l’Afrique centrale, est régulièrement confrontée à des vagues de désinformation : arnaques liées au recrutement, rumeurs sur ses produits, informations malveillantes ou simplement erronées qui circulent sans contrôle. Autant de menaces que le journalisme vérifié et le data journalisme peut contribuer à endiguer.
Valérie Ngo Mbeng, Category Manager Dairy Afrique centrale de Nestlé, a conclu les travaux sur une note humaniste. Pour elle, « les journalistes doivent revenir au volet humanitaire de l’information », rappelant que l’entreprise opère dans le respect des personnes et des communautés. Un appel discret mais sincère à un journalisme qui soigne autant qu’il informe.
Le déjeuner a clos une matinée dense. Mais l’essentiel avait été dit : dans un monde saturé de contenus douteux, vérifier avant de publier n’est plus une option. C’est une exigence.






