À Yaoundé, le forum de la Sajac donne des ailes à la jeunesse

Portée depuis le 1er février par l’AéroWalk de Douala jusqu’à la salle de convivialité du Musée national à Yaoundé, Yaapa Career Tour 2026 organisée à l’occasion de la Semaine de l’aviation pour la jeunesse de l’Afrique centrale (Sajac 2026) s’est refermée ce lundi dans la capitale politique camerounaise sur un souffle d’enthousiasme et de promesses.

©️HN/DR.

En une semaine, le Yaapa Career Tour aura transformé une curiosité pour l’aviation en véritable appétit de métiers, de projets et d’engagement chez des centaines de jeunes, surtout des filles, désormais décidés à prendre leur part de ciel.

Dans la salle de convivialité du Musée national, on oublie vite le protocole. Fadimatou Noutchemo, fondatrice de la Young african aviation professional association (Yaapa), parle aux élèves et étudiants comme à des alliés de longue date. Elle les invite à « oser rêver », à se former, à croire à la fois en leurs traditions et en leur capacité à bousculer les codes d’un secteur longtemps réservé à une élite. L’aviation, insiste‑t‑elle, n’est pas un luxe exotique : c’est un levier de commerce, de tourisme, d’emplois, à condition d’y ancrer les réalités africaines et de faire une vraie place aux femmes.

Le programme de la journée ressemble à une rampe de décollage. Un exposé sur la jeunesse et l’aviation déroule les liens très concrets entre lignes aériennes, circulation des biens et mobilité des personnes. La présentation de l’alphabet aéronautique fait soudain entrer le public dans le jargon des cockpits, tandis qu’un quiz maintient la salle en éveil, entre rires, compétition bon enfant et prises de notes frénétiques. Au moment de signer la Charte Yaapa – Jeunesse, Femmes et Aviation, les élèves et étudiants se lèvent pour apposer leur signature : un geste simple, mais qui marque l’adhésion à une aviation plus inclusive, éthique et durable.

Dans les rangs, la conférence agit comme un révélateur. Flora Sandrine Essono, étudiante en quatrième année à l’École nationale supérieure polytechnique de l’Université de Yaoundé 1 et présidente de l’Association des filles de la grande école, y voit un appui de poids à son combat quotidien : faire entrer l’aéronautique dans les conversations du campus et, surtout, dans l’imaginaire des jeunes étudiantes. Plus loin, Florent Atangana Tamba en classe Upper Sith Science, passionné d’avions, découvre que le secteur ne se résume pas à la mécanique. Il repart avec une idée fixe : mettre son projet d’ingénieur en énergie renouvelable au service de l’aviation, en imaginant des vitres capables de capter le soleil pour alimenter grattes‑ciels et appareils, et réduire ainsi leur empreinte sur l’environnement.

Pour Fabrice Tchiomtchoua, coordonnateur Yaapa dans la région de l’Ouest, cette clôture a valeur de preuve. Ce qui n’était, il y a peu, qu’une initiative « embryonnaire » devient un rendez‑vous attendu, capable d’attirer des jeunes au‑delà du cercle des invités officiels, simplement grâce au bouche‑à‑oreille des réseaux sociaux. Son prochain défi : élargir encore la cible, faire venir des établissements de toute la région, jusqu’à ce que chaque jeune se sente concerné par le message Yaapa. Il y a eu enfin des heureux gagnants de billets d’avion Yaoundé‑Douala‑Yaoundé à quelques. C’est par ce geste qui vient donner corps à ce rêve collectif grâce à la Young african aviation professional association (Yaapa) et son initiative Yaapa career tour. Comme quoi, le ciel n’est plus un décor lointain, c’est désormais un territoire à conquérir.

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