Le Trésor camerounais cherche 1 650 milliards de francs CFA pour financer le budget 2026 de l’État

La Direction générale du Trésor, de la coopération financière et monétaire (DGTCFM) du ministère des Finances a tenu jeudi 19 février 2026 à Douala son séminaire annuel de lancement du Plan de financement du budget de l’État pour l’exercice 2026. Un rendez-vous devenu incontournable dans la capitale économique, place boursière du pays, qui a réuni cette année des acteurs de haut niveau du monde de la finance, de la bourse et des institutions internationales.

©️HN/DR.

L’enjeu est de taille : mobiliser 1 650 milliards de FCFA pour couvrir les besoins de l’État cette année. Face à cette ambition, le directeur général du Trésor, Sylvester Tangongho Moh, a d’emblée posé le cadre : il ne s’agit pas de s’endetter à tout prix, mais de repenser les stratégies de financement pour préserver la soutenabilité de la dette publique et éviter d’en transférer le fardeau aux générations futures.

Trois panels pour repenser le financement de l’État

La journée s’est articulée autour de trois panels thématiques complémentaires : la soutenabilité de la dette publique, le financement durable, et la mobilisation de l’épargne de la diaspora camerounaise. Des sujets qui, d’une édition à l’autre, continuent de s’imposer comme les chantiers prioritaires du Trésor.

Sur la question de la diaspora, les échanges ont été particulièrement animés. Les transferts de fonds des Camerounais de l’étranger ont atteint environ 650 milliards de FCFA en 2025, contre une moyenne de 450 milliards par an sur les cinq dernières années. Des volumes qui pourraient alimenter le marché des titres publics, à condition de lever les obstacles.

La question de la double nationalité est revenue avec insistance dans les débats, plusieurs participants dénonçant un frein à l’investissement. « Ce que nous pouvons faire, c’est de pouvoir saisir les autorités, le ministre des relations extérieures, pour poser ces problèmes », a indiqué Sylvester Tangongho Moh, tout en reconnaissant que des solutions existent dans l’intervalle.

Au-delà de la diaspora, c’est toute l’architecture du marché des titres publics qui est en question. Aujourd’hui, l’essentiel des souscriptions repose sur un cercle étroit de banques et d’investisseurs institutionnels — les SVT et PSI — ce qui crée une impression de saturation. Une donnée éclaire ce constat : au 30 septembre 2025, 65 % des titres publics étaient encore détenus par les banques, selon les statistiques de la Banque centrale. « Ce n’est pas une bonne chose », tranche le DGTCFM. « Si ces titres sont revendus sur le marché secondaire, ça permet aux banques de pouvoir acheter d’autres titres. »

La fintech comme levier d’inclusion financière

Parmi les pistes retenues figure la digitalisation du marché, avec l’essor des fintechs comme vecteur d’élargissement de la base des investisseurs. L’idée : permettre aux Camerounais ordinaire de souscrire aux bons du Trésor avec des montants modestes. « Si vous avez 1 million de personnes qui souscrivent pour 1 000 F, ça fait 1 milliard, au lieu de compter sur 10 institutions », illustre Sylvester Tangongho Moh. Une logique de masse qui pourrait transformer la structure même du financement public, tout en favorisant la culture de l’épargne. Les recommandations issues de ces travaux seront soumises à la hiérarchie pour arbitrage.

Gallery Photo

Le Trésor camerounais cherche 1 650 milliards de francs CFA pour financer le budget 2026 de l’État
Le Trésor camerounais cherche 1 650 milliards de francs CFA pour financer le budget 2026 de l’État
Le Trésor camerounais cherche 1 650 milliards de francs CFA pour financer le budget 2026 de l’État
Suivez nous