Paul Biya : Les vœux 2026 au corps diplomatique

TRIBUNE. Plaidoyer pour un multilatéralisme de survie face aux mutations globales.

Introduction : Une cathèdre diplomatique au cœur des ruptures systémiques

Le traditionnel échange de vœux entre le Président Paul BIYA et le corps diplomatique, ce 8 janvier 2026, a transcendé la simple formalité protocolaire pour s’ériger en une véritable cathèdre diplomatique. S'exprimant dans un monde marqué par la corrosion des normes juridiques, le Chef de l'État a livré une analyse chirurgicale d'un ordre mondial en état de « contrainte critique ». Face aux « mutations profondes » du siècle, le Président Paul BIYA a théorisé une solidarité internationale organique, affirmant d'emblée sa détermination : « L’engagement de mon pays en faveur du développement, de la paix et de la concorde entre les peuples (...) ne faiblira jamais. » En s'appuyant sur le capital politique de la présidence camerounaise de la 79e Assemblée générale des Nations unies, il a vigoureusement dénoncé la « spirale de la violence » qui menace de liquider l’héritage de San Francisco, plaçant le Cameroun au pivot des régulations mondiales de demain.

​I. Le Cameroun, État-pivot et catalyseur du renouveau multilatéral

​Loin d'une simple rétrospective, le Président de la République a articulé la première phase de son allocution autour de la mue stratégique du Cameroun en un acteur normatif majeur, dont l'action sert désormais de boussole aux aspirations du Sud Global.

​La présidence par le Cameroun de la 79e Assemblée Générale des Nations Unies a constitué un levier de puissance normative. ​L'achèvement du mandat camerounais est analysé comme l'épitomé, le compendium du soft power national. Le Chef de l'État a rappelé avec solennité :

 ​« Dans un environnement international particulièrement difficile, le Cameroun a continué (...) d’œuvrer avec conviction, au renforcement du multilatéralisme et de la solidarité internationale. »

​En saluant l'adoption du Pacte pour l'Avenir, il a souligné que ce succès est le fruit d'une synergie globale : « Nous avons pu mener, avec succès, cette mission à son terme, grâce à l’appui et au soutien de l’ensemble de la communauté internationale. » Cette posture transforme le prestige symbolique en une autorité capable de forger des consensus sur les défis de la transition numérique et les droits des générations futures. 

​Le Président de la République a également mis en exergue le rôle moteur du Cameroun sur les enjeux climatiques et maritimes, se félicitant de « l’adoption à Yaoundé, en juillet 2025, de la Déclaration sur l’Économie Bleue Durable ». Pour le Chef de l'Etat, la solidarité internationale doit désormais être le socle d'un nouveau contrat social où les ressources naturelles sont des vecteurs de concorde.

​II. L’urgence d’une refonte structurelle face au péril de l’effondrement

​Dans une seconde phase d'une gravité prophétique, le Président Paul BIYA a pointé les failles d'un système incapable de contenir la « voie des armes », appelant à une reconstruction des instances de décision mondiales.

​La réforme du Conseil de Sécurité des Nations Unies devient un impératif de légitimité. ​Le Chef de l’État a ainsi réaffirmé le plaidoyer pour une réforme, question « suivie étroitement par les pays en voie de développement, et tout particulièrement par les pays africains ». Face à la prolifération des crises, il a lancé un cri d'alarme sur la fragilité de nos institutions :

 ​« Si nous continuons dans cette spirale, il y a lieu de craindre (...) que le système international, que nous avons mis tant de temps et d’efforts à bâtir, ne finisse par s’effondrer. »

​L'organisation de la 14e conférence ministérielle de l'Organisation Mondiale du Commerce à Yaoundé en 2026 marque la volonté de ramener le dialogue sur le terrain économique. Le Président Paul BIYA y voit un symbole fort :

 ​« Ce sera une occasion supplémentaire de magnifier les vertus du multilatéralisme, dans un contexte où la tentation du retour à l’unilatéralisme se fait de plus en plus forte. » 

​Conclusion : Vers une diplomatie de synthèse et une paix durable

​Le message du Président Paul BIYA en 2026 au corps diplomatique constitue une doctrine de la survie collective. En opposant radicalement la raison au bellicisme, le Chef de l'État a martelé cette vérité qui constitue le cœur de sa philosophie politique :

 ​« La voie des armes et de la violence est très souvent une voie sans issue. Une paix durable et juste (...) passe nécessairement par d’autres moyens, qui ne sauraient être ceux de la guerre. »

​L'engagement du Cameroun, fondé sur un esprit de « confiance et de respect mutuels », démontre que la réponse aux mutations actuelles réside dans une solidarité internationale repensée. Le Président Paul BIYA s'affirme plus que jamais comme une boussole de stabilité, portant la voix d'une Afrique qui propose des solutions concrètes pour la sauvegarde de l'humanité.

 

Douala, ce 9 janvier 2026.

Par Jean Gatsi

Suivez nous