Enseignement supérieur au Cameroun : le gouvernement accélère les chantiers des universités d’État

Yaoundé, 18 février 2026 — Jacques Fame Ndongo, ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, a présidé mardi 17 février 2026 à 10 heures, au Centre de supervision du réseau d’interconnexion des universités d’État, campus d’Ongola, une réunion du comité ad hoc d’évaluation des chantiers de construction des universités d’État de Bertoua, Garoua et Ebolowa.

Face aux retards persistants observés dans l’exécution des projets universitaires structurants, le gouvernement a décidé de passer à la vitesse supérieure. En présidant la quatrième session du comité ad hoc, le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, a clairement affiché sa volonté d’accélérer l’achèvement des chantiers de construction des nouvelles universités d’État.

Ouvrant les travaux, le ministre d’État a rappelé la vision du Président de la République en matière de construction de l’État par l’enseignement supérieur. Cette vision repose sur la diversification et la démocratisation de l’offre de formation universitaire, traduite notamment par la création de nouvelles universités dans des pôles stratégiques du territoire national.

L’objectif assigné à ces institutions est clair : disposer d’infrastructures académiques, techniques, administratives et sociales modernes, en phase avec les standards internationaux et les exigences de la gouvernance universitaire contemporaine.

Toutefois, près de trois ans après le lancement effectif des projets, les résultats enregistrés demeurent globalement en deçà des engagements initiaux. Les descentes de terrain autorisées à l’issue des précédentes sessions ont révélé un taux global d’exécution des travaux estimé à 59,4 %, mettant en lumière de fortes disparités selon les sites et les entreprises adjudicataires.

Situation par site

À Bertoua, plusieurs ouvrages présentent un avancement moyen, freiné par des lenteurs dans les travaux de construction, d’équipement et d’aménagement.

À Garoua, certains chantiers affichent des niveaux d’exécution relativement satisfaisants, tandis que d’autres connaissent des retards importants, liés à une faible mobilisation des entreprises.

À Ebolowa, le suivi technique accuse un relâchement préoccupant, aggravé par des contraintes financières et l’absence prolongée de certaines entreprises sur les sites.

Constats et rappels à l’ordre

Les travaux du comité ont permis d’identifier plusieurs dysfonctionnements majeurs :

  • des écarts significatifs entre le niveau d’exécution physique des travaux et les paiements déjà effectués ;
  • l’abandon de chantiers par certaines entreprises malgré les ordres de service régulièrement notifiés ;
  • un affaiblissement du dispositif institutionnel de suivi dans certaines régions.

Face à ces manquements, le ministre d’État a rappelé que les prorogations de délais — parfois portées à 26 voire 28 mois, contre 10 mois contractuels initiaux — traduisent la volonté de l’État d’accompagner les entreprises, mais ne sauraient justifier l’inaction ou la mauvaise foi.

Accélération et perspectives

En convoquant cette quatrième session du comité ad hoc, le gouvernement entend insuffler une nouvelle dynamique à ces projets présidentiels. L’objectif est de lever les blocages, d’identifier les responsabilités et d’imposer des mesures correctives afin d’aboutir à la livraison effective des infrastructures.

À terme, les universités de Bertoua, Garoua et Ebolowa sont appelées à devenir de véritables pôles d’excellence académique, capables de soutenir le développement régional, de renforcer la compétitivité du système universitaire camerounais et de répondre aux attentes des étudiants et des communautés locales.

 

André Étoundi TSALA

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