Cameroun / Mpox au Littoral : mobilisation générale face à la menace épidémique

La Salle des fêtes d’Akwa à Douala accueille depuis jeudi une réunion cruciale. Pendant trois jours, les acteurs de la santé publique du Littoral se penchent sur un enjeu majeur : la surveillance des maladies à potentiel épidémique, avec un accent particulier sur la variole du singe ou “mpox”. 

Photo de famille après la cérémonie d’ouverture. ©️ HN/DR.

Ce vendredi, le secrétaire général des Services régionaux du Littoral, Aboubakary Haman Tchiouto, a officiellement lancé ces travaux dans le district de santé de Déïdo, arrondissement de Douala 1er. Le représentant du gouverneur n’a pas éludé la réalité : cinq cas positifs de mpox, 62 cas suspects et 56 contacts identifiés dans la région, plus précisément dans les départements du Wouri et du Moungo. Des chiffres qui imposent une coordination rigoureuse des interventions, d’autant que le Littoral et ses 24 districts de santé connaissent une forte densité démographique. La leçon inaugurale confiée à Dr Hans Mossi Makembe, coordonateur régional de lutte contre les épidémies, a posé le cadre : “Surveillance active des maladies à potentiel épidémique dans la région du Littoral : le défi de la variole du singe”.

Une surveillance qui porte ses fruits

« Tout est maîtrisé jusque-là », rassure Aboubakary Haman Tchiouto. Le secrétaire général des Services régionaux du Littoral salue le travail accompli tout en insistant sur la nécessité de poursuivre la sensibilisation et la prise en charge des éventuels cas. La coordination, instruction du ministre de la santé publique, Dr Manaouda Malachie, permet surtout d’évaluer l’année écoulée, d’identifier les faiblesses et les forces, de dégager des perspectives pour 2026.

Dr Saurel Ngo’o Mebe, délégué régional du minsanté-Littoral, ne cache pas sa satisfaction : « Il faut féliciter les équipes sur le terrain. Parce que c’est parce qu’on surveille qu’on a trouvé des cas », déclare-t-il. Sans surveillance efficace, impossible de détecter, de tester biologiquement, de confirmer. Les maladies se ressemblent – le mpox peut être confondu avec la varicelle. Seule la biologie tranche. Une fois les cas confirmés, la recherche des contacts s’impose, non pour incriminer, mais pour éviter la dissémination.

Résilience malgré les contraintes

Depuis la 47ème semaine épidémique, autour du 13 novembre 2025, la région du Littoral est officiellement en épidémie. Les districts de santé d’Abo, Déïdo et la Cité de Palmiers sont concernés. Si aucun contact n’est devenu suspect pour l’instant, les défis restent immenses. Dr Hans Mossi Makembe pointe les difficultés : détection en zones enclavées, investigations sur le terrain, prélèvements, transport des échantillons vers les laboratoires de référence, prise en charge dans les zones rurales. L’Hôpital Laquintinie sert de centre dédié en zone urbaine, mais ailleurs, il faut transporter les malades ou coacher la prise en charge à distance.

Les ressources humaines limitées gèrent simultanément le mpox et la rougeole depuis plusieurs mois. La résilience est devenue le maître mot. Dr Mossi Makembe insiste : la mobilisation des fonds au niveau local s’impose. Les collectivités territoriales décentralisées, le secteur privé doivent apporter leur pierre. « Si nous sommes en santé dans nos communautés, dans nos bureaux, dans nos sociétés, c’est parce qu’il y a des acteurs qui travaillent tous les jours », rappelle-t-il.

Pas de quoi s’alarmer outre mesure, toutefois. Le mpox est suivi depuis toujours. En 2022, de nombreux cas n’avaient pas suscité pareille émulation. C’est le risque de transmission inter-humaine qui change la donne aujourd’hui. Les populations doivent notifier rapidement tout bouton suspect – avec pus, sur la tête, le corps, les parties génitales. Le 1510 reste joignable 24h/24 pour orienter les interventions. La sensibilisation doit adhérer. C’est la clé.​​​​​​​​,selon les spécialistes.

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