WimaCameroon : « Nous allons mettre la femme au centre du secteur maritime », selon Claire Onana épse Takouchop

L’Association des femmes du secteur maritime au Cameroun a élu son nouveau bureau vendredi 23 janvier au Musée maritime de Douala. Claire Onana Takouchop, directeur de l’assistance aux chargeurs du Cncc, prend la présidence nationale de WimaCameroon avec pour mission de renforcer la présence féminine dans les métiers portuaires et maritimes du pays.

Photo de famille du nouveau bureau de WimaCameroon. ©️HN/DR.

Cinquante activités au compteur depuis sa création. Le bilan est là, tangible, et témoigne d’un engagement sans faille. Mais pour le nouveau bureau de WimaCameroon, conduit par Claire Onana épse Takouchop, c’est un simple point de départ. L’ambition affichée ? Aller plus loin, recruter massivement et transformer durablement le paysage maritime camerounais au féminin.

Devant l’assemblée réunie dans la salle de conférence du Musée maritime, la présidente entrante a dévoilé sa feuille de route. Sans détour. « C’est un immense honneur pour moi de prendre la présidence de WimaCameroon aujourd’hui », a-t-elle déclaré, avant de préciser les contours de son mandat. Au menu : renforcement des capacités, mentorat des jeunes filles, et surtout, une offensive de visibilité auprès des décideurs publics et du secteur privé.

« Nous allons renforcer la visibilité de WimaCameroon auprès de nos gouvernements et auprès du secteur privé. L’idée étant de recueillir leur accompagnement pour nous appuyer dans nos actions », explique-t-elle. Le message est clair : l’Association des femmes du secteur maritime au Cameroun entend s’imposer comme un interlocuteur incontournable, capable de peser dans les orientations stratégiques du secteur.

L’installation du nouveau bureau s’est déroulée sous le regard bienveillant d’Auguste Mbappé Penda, directeur général du Conseil national des chargeurs du Cameroun (Cncc) et président d’honneur de WimaCameroon, accompagné de la présidente de WimAfrica et de la présidente sortante de WimaCameroon. Une passation qui symbolise la continuité dans la rupture. « Nous n’allons pas déroger, nous n’allons pas sortir des sentiers qui ont été ouverts par les premières présidentes jusqu’à présent », rassure Mme Takouchop.

Mais au-delà des promesses, c’est une bataille culturelle que la nouvelle présidente entend mener. « Vous savez, nous sommes dans un secteur éminemment masculin et notre objectif est de mettre la femme, la jeune fille au centre pour qu’elle s’intéresse à ce secteur qui est porteur et qui a beaucoup d’opportunités », martèle-t-elle. L’économie bleue, la sécurité et la sûreté portuaire constituent autant de niches à explorer pour démontrer la valeur ajoutée féminine.

Face aux sceptiques, elle oppose un argument imparable : la compétence. « Le secteur portuaire et maritime est un secteur éminemment masculin, mais cela n’exclut pas que les femmes et les jeunes filles s’intéressent parce qu’aujourd’hui c’est la compétence, c’est la méritocratie qui va permettre à ces jeunes filles-là d’intégrer ce milieu. »

Pour y parvenir, Claire Onana épse Takouchop mise sur un programme de mentorat ciblé et l’implication des ministères des Transports, des Affaires sociales et de la Promotion de la femme. « Je sais que je peux compter sur les adhérentes et sur les directeurs généraux du secteur portuaire », confie-t-elle, consciente que la partie ne sera pas de tout repos.

Le cap est fixé. Reste désormais à transformer les promesses en réalisations concrètes et à faire de WimaCameroon un levier puissant pour l’émancipation économique des femmes camerounaises dans le secteur maritime.

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