Le Redhac relance le débat sur la paix en Afrique centrale

Le Forum régional de haut niveau d’échanges et de solidarité coordonnée Cameroun-Tchad, s’est ouvert le 15 janvier à Douala, sous la houlette du Sénateur Dr Pierre Flambeau Ngayap, coprésident du conseil d’administration du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac), en présence de la présidente du conseil d’administration, l’avocate Me Alice Nkom.

Photo de famille des participants au forum. ©️HN/DR.

Le forum régional s’est ouvert par le mot d’ouverture du sénateur Pierre Flambeau Ngayap, devant un parterre d’avocats, de journalistes et d’acteurs de la société civile. À ses côtés, la présidente du CA, Me Alice Nkom, a symbolisé le retour en scène d’une organisation fraîchement rétablie dans ses droits après une suspension administrative jugée illégale, prolongée bien au‑delà des trois mois initiaux. Ce rendez‑vous, prévu du 15 au 16 janvier 2026, se tient dans un contexte post‑électoral chargé, marqué en 2025 par des scrutins contestés et des manifestations dans les deux pays voisins -Cameroun et Tchad-.

Une ouverture sous tension politique

Dans son allocution, le sénateur Dr Pierre Flambeau Ngayap a rappelé que la justice avait annulé la suspension prolongée du Redhac, réaffirmant la légalité de ce réseau régional couvrant huit pays d’Afrique centrale. Il a insisté sur la volonté de tourner la page de cette épreuve pour revenir à l’essentiel : défendre les libertés publiques et créer des passerelles entre les institutions, les défenseurs des droits humains et les citoyens. Le forum, a‑t‑il expliqué, doit permettre de revisiter les mécanismes de paix, de sécurité et de gouvernance démocratique au Cameroun, première étape d’un chantier appelé à s’étendre à l’ensemble de la sous‑région.

Le ton a été donné par l’exposé du Pr Louison Essomba, consacré aux : “Défis de paix, de sécurité, de gouvernance et de droits humains : les cas du Cameroun et du Tchad”. L’universitaire a d’abord clarifié ces notions clés, avant de mettre en regard les trajectoires politiques des deux pays et de dresser la carte des institutions engagées dans la préservation de la paix. Son intervention, très interactive, a encouragé questions, réactions et mises en perspective de la part des praticiens du terrain, soucieux d’identifier des solutions concrètes pour prévenir les crises et protéger les militants exposés.

Des échanges tournés vers l’avenir 

Au‑delà des diagnostics, ce forum de deux jours se veut un espace de co‑construction entre avocats, défenseurs des droits humains, journalistes, commissions officielles et administration. Les ateliers et échanges doivent déboucher sur des pistes opérationnelles pour renforcer le dialogue, anticiper les tensions électorales et sécuritaires et mieux encadrer l’action des forces de l’ordre. Dans des contextes où les manifestations post‑électorales de 2025 ont mis à nu la fragilité des droits et libertés, l’enjeu affiché est de consolider une culture de paix qui protège à la fois les citoyens et ceux qui prennent le risque de défendre leurs droits.

La deuxième journée du forum, ce vendredi 16 janvier, s’annonce plus technique, avec une série d’échanges en petits groupes consacrés au partage d’expériences entre journalistes, défenseurs des droits humains et organisations de la société civile autour de la sécurité numérique et de la protection des acteurs sur le terrain. Après ces travaux, une plénière reviendra sur les recommandations avant un panel très attendu sur les avantages, mais aussi les inconvénients de l’intelligence artificielle dans le travail des défenseurs des droits humains, des journalistes et des autres acteurs, qui précédera les allocutions de clôture en début d’après‑midi.

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